Syrie : la révolution étouffée dans l'indifférence internationale
13/04/2011 07:28 par rgrs
Les manifestations et les grèves se poursuivent, notamment à Deraa et à Banias. En face, les snipers des milices du régime provoquent le chaos pour démontrer que seul Bachar peut protéger le pays du désordre. Mais la diplomatie mondiale ne réagit guère.
La révolte continue de plus belle derrière le rideau de fer de Bachar el Assad. Le 11 avril, les étudiants se sont rassemblés sur le campus de l’université de Damas pour un sit-in en hommage aux morts des derniers jours. Mardi 12 avril, en début d’après-midi, à Deraa, près de la frontière jordanienne, première ville à s’être embrasée il y a un mois, des milliers de manifestants se sont regroupés sur la place principale rebaptisée « Place de la Dignité ».
Sur la côte, au sud de Lattaquié, la ville de Banias qui pleure de nombreux morts, est encerclée par la police, la population est en grève générale. Il n’y a plus de pain, l’électricité est coupée. Banias est une ville à la population mixte, alaouite , sunnite et chrétienne. Les manifestants y crient le mot Unité, et c’est précisément pourquoi le régime syrien tire dans cette foule-là. Pas question de laisser entendre la voix d’un peuple rassemblé au delà des clivages confessionnels.
A Banias, et à côté, dans les villages voisins de Bayda et Beit Jnad, les hommes des « Chebiha », les milices du régime sèment donc la terreur. L’objectif de ces snipers est clair : provoquer le chaos pour accréditer la thèse du régime selon laquelle seul Bachar protègerait la Syrie du désordre. Déclencher, à coup de provocations, des troubles entre les communautés unies par leur détestation du régime baasiste.
Les « Chebiha » n’hésitent pas à tirer sur l’armée, pour faire croire que les révoltés sont en réalité des gangsters. Fait troublant : selon un témoignage recueilli par l’AFP « ce sont les forces de sécurité qui ont tué les militaires à Banias parce qu’ils ont refusé d’attaquer la ville ». L’armée syrienne est en effet constituée de jeunes gens du peuple, même si le haut-commandement reste évidemment entre les mains d’officiers fidèles au régime. Rien à voir avec la garde présidentielle dévouée corps et âme à Assad. Si ces faits se répétaient, on pourrait y voir les indices d’une première fissure du système.
On a déjà pu déceler des failles politiques dans la forteresse baasiste. C’est ainsi que la rédactrice en chef du quotidien gouvernemental Techrine, Samira al Massalma, a été limogée après avoir dénoncé sur Al Jezira les tirs contre la population. « S’il y a eu des violences, il faut les sanctionner » avait-elle déclaré. Pour une raison simple : Samira al Massalma est originaire de Deraa et certaines victimes seraient apparentées à sa famille. De même, un cousin... du propre vice-président syrien Farouk al Charra vient de mourir à l’hôpital de Deraa ! Blessé par des tirs dans la rue, Mohammad Abdel Razeq Al-Sharra a été achevé par les flics qui ont fait irruption dans l’hôpital et fait feu sur tous les blessés.
C’est dire que l’extrême violence décrétée par Bachar el Assad peut à terme le couper d’une partie de ses fidèles. Il y a quelques années, en reportage à Damas, alors que les journalistes pouvaient encore entrer en Syrie, nous avions noté, cette fois à propos des alliances militaro-stratégiques, les graves divergences sur le choix « iranien » d’Assad. Au sein de la diplomatie syrienne, l’alliance avec Téhéran était secrètement contestée. Aujourd’hui, au plus fort de la répression, l’inévitable Mahmoud Ahmadinejad, faux président d’une république islamique iranienne confrontée, elle aussi, à la colère d’un jeune peuple traqué mais à long terme majoritaire, clame son soutien au président syrien, victime « d’un complot occidental ».
On peut donc craindre que Bachar ne suive l’exemple de son bon maitre iranien et massacre les manifestants. En actionnant, comme tous les dictateurs, provocations et milices à sa solde. Cette stratégie est archi-connue : elle a été utilisée, cette fois sans succès, par Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte. On se souvient des snipers de l’avenue Bourguiba et des banlieues de Tunis, des hordes se ruant à dos de chameau sur les manifestants de la place Tahrir, des tabassages et des lynchages des milices du défunt régime du Caire. Mais les journalistes étaient là, comme témoins, voire comme cibles. C’est sous les yeux du monde que les révolutions arabes ont fait entendre leur voix puissante.
Mais en Syrie, personne ! On ferme, on boucle. Deux journalistes de l’agence Associated Press viennent encore d’être expulsés aujourd’hui. De nouvelles personnalités de l’opposition ont été arrêtées hier : il s’agit du journaliste Fayez Sara, de l’écrivain et militant des droits civiques Najati Tayara, de Georges Sabra, dirigeant d’un parti d’opposition interdit et proche des communistes, et de Ghiat Ouyoune al-Soud, secrétaire général du parti du peuple démocratique syrien. Les organisations des droits civiques évoquent désormais le chiffre de 200 morts mais chaque jour apporte son lot de nouvelles victimes.
C’est dans l’indifférence du monde que se déroule pourtant cette révolte historique dans une Syrie, enjeu clé sur l’échiquier moyen-oriental. Comme si Bachar El Assad avait réussi à isoler radicalement son peuple, confondu faussement et à loisir avec un patchwork de tribus. La Syrie est un pays de haute culture, nos compatriotes y voyagent parfois en se souvenant que Damas eut un passé français au début du 20ème siècle. La liberté ne doit pas y mourir en silence.
Martine Gozlan - Marianne
http://www.marianne2.fr/Syrie-la-revolution-etouffee-dans-l-indifference-internationale_a205002.html
Un peu plus d'une semaine après Frédéric Lefevbre évoquant "Zadig et Voltaire" comme son livre de chevet, c'est au tour de Nadine Morano de devenir la cible de dizaines de calembours plus ou moins inspirés sur le net après avoir confondu le chanteur Renaud et le groupe automobile, mardi.
Lors de la matinale sur Canal+, la ministre de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle devait répondre en fin d'entretien par "j'aime" ou "j'aime pas" à différentes questions.
A la question "Renault, tous coupables, sauf Carlos Ghosn?", elle a répondu: "J'aime Renaud sur certaines chansons, celle-là je ne peux pas vous dire, je ne l'ai pas entendue".
Cette "grosse bourde", comme l'intéressée l'a elle-même qualifiée quelques instants après, a immédiatement circulé sur internet, plus particulièrement relayée sur twitter. A tel point que "Nadine Morano" est vite devenu un "trending topic" en France, c'est-à-dire un des sujets du jour sur le site de micro blogging.
Plusieurs internautes ont ainsi imaginé d'autres questions sur lesquelles la ministre aurait pu se tromper.
Par exemple: "Le médiator? Je ne joue pas à la guitare"; "Fukushima? Je ne connais pas toutes les chansons de Tokio Hotel"; "Un mot sur la Libye? Il est solide et blanchit clairement M. Ghosn dans cette affaire" ou "Voile intégral? Je ne connais pas tous les sports".
Il y a une semaine, le secrétaire d'Etat au Commerce, Frédéric Lefebvre, avait lui aussi été la cible de très nombreux calembours et détournements après avoir transformé "Zadig", le conte philosophique de Voltaire, en marque de prêt-à-porter, "Zadig et Voltaire".
AFP
http://news.fr.msn.com/m6-actualite/insolite/article.aspx?cp-documentid=156995998&page=3
Voir aussi :
Avec "Zadig et Voltaire", Frédéric Lefebvre fait le bonheur du net
La polémique consécutive à la chronique de Sophia Aram, qui avait traité les électeurs du Front National de « gros cons » rebondit. L’humoriste chroniqueuse de France Inter revient dans le Monde sur les critiques qu’elle a affrontée et prend les mêmes accents que Laurent Joffrin ou Nicolas Demorand.
De la normalisation du Front National
Pourtant, je suis assez d’accord avec le titre du papier publié par le journal vespéral. Oui, il y a une « banalisation médiatique du Front National ». Marine Le Pen est extrêmement habile et a parfaitement réussi à vendre sa transformation, y compris sous la plume d’Olivier Ferrand, dans le même journal qui a publié ce papier, lui accordant un blanc seing assez stupéfiant. Bref, ce traitement n’est pas uniquement cantonné aux médias qu’elle attaque.
Et, étant également surpris par cette banalisation bien hâtive du FN, que je considère toujours d’extrême-droite et comme n’ayant que très marginalement changé, j’ai souvent pris la plume pour dénoncer les dérapages de Marine Le Pen ou de ses troupes : sur sa complaisance avec les dérapages de son père, sur « l’Occupation », sur le congrès du FN, sur ses mensonges sur l’immigration, sur le nazillon candidat aux cantonales, sur l’éloge de Bastien-Thiry sur Nations Presse Infos…
L’autisme d’une certaine gauche
Mais la tribune de Sophia Aram est extrêmement symptomatique de cette gauche qui finit par mépriser un peuple dont elle n’entend pas la souffrance. D’ailleurs, elle ne répond pas aux critiques qui lui sont faites. Guy Carlier critique l’emploi du terme « gros cons », tout comme Philippe Bliger, qui note justement qu’elle « manifestait une haine de l’autre ». Bref, elle fait aux électeurs du FN exactement ce qu’elle reproche au FN de faire aux étrangers et immigrés, dans une triste ironie.
Son argumentation est particulièrement malhonnête puisqu’elle écrit qu’on lui reproche de « manquer de courtoisie » à l’égard de Jean-Marie Le Pen, ce qu’aucun des chroniqueurs cités n’a soulevé, chacun insistant sur l’insulte faite aux électeurs. Se faisant, elle en profite pour faire un énième procès à Philippe Cohen et Elisabeth Lévy, qui semblent décidemment être dans le collimateur d’une certaine presse, après le Nouvel Observateur, Libération ou Bruno-Roger Petit.
Tout ce petit monde dresse en effet un procès à tous ceux qui pensent différemment d’eux en les accusant d’être des rabatteurs du FN. Pourtant, ils n’ont pas compris qu’ils sont au contraire des remparts en montrant que certaines idées peuvent être défendues par de parfaits républicains. Au contraire, c’est l’indifférenciation qui sert le FN, le mélange du bon grain et de l’ivraie qui favorise alors cette dernière, comme le soutiennent Philippe Cohen, Elisabeth Lévy ou Laurent de Boissieu.
Il faut distinguer les électeurs du parti
Attaquer les électeurs du FN (un signe de « prolophobie » ?) est sans doute le meilleur moyen de le renforcer. Même si on s’oppose radicalement à Marine Le Pen, il faut chercher à comprendre pourquoi tant de Français votent ainsi. Emmanuel Todd a eu cette très belle formule : « les Français ne sont pas racistes, ils sont malheureux ». Non, Sophia Aram, Jean-Marie Le Pen n’est pas « le thermomètre fiché dans le derrière des Français pour mesurer leur xénophobie ».
Le vote FN n’est pas principalement un vote xénophobe, il est surtout un vote de rejet de la droite et de la gauche, de l’UMP comme du PS, des partis qui ont trop déçu. Et le vote Front National est un vote profondément social : près de 40% des ouvriers déclarent vouloir voter pour Marine le Pen en 2012, un immense signe d’échec pour la gauche, qui ne parvient pas à apporter des réponses à leurs problèmes de chômage, de pouvoir d’achat et d’insécurité.
Et oui, ce genre de chronique a toutes les chances de faire monter le FN, ce qui explique la vive réaction d’un Guy Carlier qu’on ne peut pas soupçonner de complaisance à l’égard de ce parti. Car une telle chronique ne va pas convaincre un électeur hésitant de ne pas voter FN. Bien au contraire, le mépris, l’agressivité et l’outrance de ces attaques ont toutes les chances de lui faire passer le Rubicon.
En attaquant bêtement et agressivement les électeurs du FN, Sophia Aram a mérité des réactions très vives, d’autant plus qu’elle utilise les mêmes généralisations que celles du parti qu’elle dénonce à l’égard des immigrés ou des musulmans. Ce faisant, elle a fait une faute politique qu’elle ne semble pas comprendre.
Laurent Pinsolle
François Bayrou est confronté à un enjeu majeur : comment marquer sa valeur ajoutée sur un espace progressivement sur-encombré ? C'est la primaire d'octobre 2011 avec pour sélectionneur : les sondages.
Le centre est supposé ne pas exister. Le besoin de centre n'existe dans aucune enquête d'opinion.
Le label "centre" n'a rencontré aucun succès depuis 2007.
Et pourtant, face à cette réalité, les candidats "centristes" se multiplieraient dont le dernier né en date : Jean Louis Borloo.
Ces candidats sont-ils une bulle médiatique ?
Comment Bayrou peut-il garder sa différence dans un tel "climat" ?
Pour le moment, les frémissements des sondages n'ont guère de signification.
Sarkozy espère se reconstituer en pratiquant le "contre" et en dénonçant les incohérences des projets des uns et des autres pour franchir de nouvelles étapes dans ce qui devrait d'abord être une course à ... l'élimination.
Borloo qui n'avait pas les qualités pour Matignon aux yeux de l'opinion aurait les qualités pour ... l'Elysée. Incohérence manifeste. Où est l'erreur ? Sur l'appréciation de l'opinion pour Matignon ou pour l'Elysée ?
Bayrou souhaite montrer que lui vient de la province, des profondeurs du pays et pas du microcosme parisien.
Qu'il porte la littérature en lui donc l'histoire et pas le droit des affaires.
La bataille des styles sera bientôt lancée. Elle sera la clef des partages.
http://exprimeo.fr/article/6680/francois-bayrou-face-a-la-marque-borloo.htm
Imaginez que je me promène en caleçon, avec une chemise, ma célèbre cravate à chier et une coiffe de bigouden sur la tête. Il est probable que je me fasse arrêter par la police et que je finisse au cabanon. En France, on ne s’habille pas n’importe comment. Il y a des règles, non écrites souvent. Par exemple, une serveuse de bistro préfèrera avoir un décolleté plutôt qu’un col roulé. Le bon sens. Le savoir-vivre.
On est en France, au 21ème siècle. On ne s’habille pas ainsi. Tous vos prétextes sont mauvais.La loi est peut-être mal faite (...). Pourtant cette loi reflète la société, ma France, mon quartier : on ne s’habille pas ainsi chez moi.La loi est entrée en vigueur la semaine qui a suivi la fin du pénible débat sur la laïcité. Aidez-nous à faire en sorte qu'on change de sujet, en une des journaux, avant avril 2012.
Falcon Hill
http://falconhill.blogspot.com/2011/04/burqa-elles-arretent-maintenant-et-on.html
Le Garde des Sceaux, Michel Mercier, doit présenter mercredi 13 avril en Conseil des ministres un projet de loi sur la justice portant notamment, d’une part sur la présence de jurés populaires en Correctionnelle, d’autre part sur la motivation des verdicts lors des procès d’Assises. Deux mesures téléguidées par Nicolas Sarkozy et destinées à brosser les Français dans le sens du poil pour redorer l’image d’un exécutif en pleine crise...
C’est en septembre 2010 que Sarkozy, relayé dans sa communication par l’inénarrable Hortefeux, a livré son idée de « rapprocher le peuple de la Justice » en plaçant des jurés populaires à côté des magistrats ayant à juger les affaires de Correctionnelle. Un projet réaffirmé sur TF1 par le chef de l’État lors de sa médiocre prestation face à un panel de Français le 10 février. But de la manœuvre : contribuer par la présence de citoyens tirés au sort à durcir des verdicts beaucoup trop laxistes aux yeux du chef de l’État. Il est comme cela, Sarkozy, il croit dur comme fer que les magistrats du siège n’ont qu’un objectif : relaxer le maximum d’accusés ou prononcer les peines les plus légères possibles. D’où la volonté de faire appel à des jurés populaires tirés au sort et porteurs d’un idéal forcément plus répressif. Avec mission, pour ces Saint-Just ou ces Robespierre venus de la France profonde, non seulement d’exiger, mais d’obtenir contre les délinquants un alourdissement significatif des peines d’emprisonnement.
L’idée d’adjoindre des jurés populaires aux magistrats n’est certes pas mauvaise en elle-même. Elle participerait d’ailleurs, comme on peut le constater aux Assises, à responsabiliser les individus tirés au sort, à leur faire prendre conscience, par une expérience personnelle impliquante, des réalités de la société dans laquelle ils vivent. Mais, et c’est là que Sarkozy se leurre, rien ne permet d’affirmer que ces jurés populaires se montreront plus sévères que les magistrats professionnels rompus à l’exercice. Des magistrats surtout beaucoup mieux armés, dans la plupart des cas, que les simples citoyens pour déceler les dissimulations ou les numéros émotionnels de certains prévenus passés maîtres dans l’art de la manipulation. Pour avoir été juré d’Assises moi-même, avoir assisté à plusieurs procès, tant d’Assises que de Correctionnelle, et avoir à différentes reprises évoqué ce sujet avec des magistrats et des avocats, je suis arrivé à la conclusion inverse de Sarkozy : les jurés populaires, plus facilement touchés par l’évocation des parcours personnels difficiles de certains accusés, risquent fort, n’en déplaise à notre présomptueux président, de se montrer encore plus modérés que les magistrats.
La présence de jurés populaires en Correctionnelle pose en outre de réels problèmes d’intendance et de conduite des procès.
Problèmes d’intendance car il va bien falloir alourdir le fonctionnement de la Justice, d’une part en mettant en place les mécanismes de sélection des jurés, d’autre part en dégageant les moyens destinés au défraiement des frais et du manque à gagner professionnel des citoyens tirés au sort pour une session.
Problèmes de conduite des procès car les magistrats qui, aujourd’hui, jugent les affaires ont (et continueront d’avoir) accès au dossier d’instruction, ce qui ne sera évidemment pas le cas des jurés populaires. D’où la nécessité, à l’instar de ce qui se passe aux Assises, de calquer la conduite des procès de Correctionnelle concernés par cette réforme, sur l’oralité totale des débats, autrement dit la comparution de tous les acteurs impliqués dans l’affaire afin qu’ils puissent être entendus par les jurés populaires : accusés, enquêteurs, experts, témoins. En clair, cela entraînera un allongement spectaculaire de la durée des procès et le recrutement de nouveaux magistrats, de nouveaux greffiers, de nouveaux policiers ou gendarmes affectés aux transferts pénitentiaires. Bref, cela nécessitera des moyens financiers accrus dans une administration d’ores et déjà exsangue !
Face au tollé des professionnels de la Justice et aux réticences, plus feutrées mais fermes, des services de Bercy, Sarkozy a pourtant renoncé, comme il en avait l’intention au départ, à imposer la présence de jurés populaires dans toutes les affaires de Correctionnelle, y compris celles, techniques au point d’en être parfois inextricables, qui concernent la délinquance financière ou les manquements industriels pour ne citer que ces cas-là. Reste donc les atteintes graves aux personnes – vols avec violence, coups et blessures, agressions sexuelles – où les jurés, dans les conditions évoquées ci-dessus, pourront utilement participer au jugement. Encore faudra-t-il, on l’a vu, trouver les moyens financiers indispensables pour faire face à cette nouvelle et bien peu indispensable réforme. Mais le monarque a parlé...
L’autre volet de l’intervention de Michel Mercier concerne la motivation des verdicts aux Assises. Une autre manière, pour Sarkozy, de durcir les jugements, le laxisme pouvant, selon lui, se nicher dans la dilution des responsabilités que peut induire la non-motivation de ces verdicts. Le 1er avril, le Conseil constitutionnel, saisi de deux QPC (questions prioritaires de constitutionnalité) a déclaré conforme l’absence actuelle de motivation du verdict aux Assises. Il appartiendra donc au législateur de réformer ce point, d’où son introduction dans le projet de loi élaboré par le Garde des Sceaux.
La majorité étant ce qu’elle est, il ne fait aucun doute que ce volet de la loi sera voté, et il n’y a rien là de choquant, tant il peut sembler anormal que la motivation soit imposée pour les affaires de délinquance et absente pour les affaires criminelles. Mais autant les magistrats sont, du fait de leur expérience, habitués à formuler les motivations d’un verdict de Correctionnelle, autant les jurés populaires risquent de se trouver démunis face à cette nouvelle obligation. C’est pourquoi Michel Mercier entend confier au président de la Cour d’Assises la rédaction de ce texte, destiné à être lu en salle d’audience lors de l’énoncé du verdict. Une question sensible qui risquerait fort d’engendrer, ici et là, quelques difficultés avec les jurés populaires pas forcément en accord avec le président sur la nature de cette motivation. On pourrait donc, à cette occasion, voir ressurgir les accusations de manipulation par les magistrats qui sont régulièrement mises en avant par quelques anciens jurés francs-tireurs. C’est pourquoi, selon toute probabilité, le texte de motivation sera, pour éviter tout écueil de cette nature, rédigé non seulement après que le verdict ait été arrêté lors de la délibération, mais aussi après que la hauteur de la peine ait été définie en cas de culpabilité.
Et c’est ainsi, n’en déplaise là encore à Sarkozy, que cette innovation utile ne jouera pas le moindre rôle dans un éventuel durcissement des peines induit dans l’esprit du chef de l’État par la nécessité pour le jury de justifier son verdict. Pire : elle pourrait avoir l’effet inverse et conduire à de plus nombreux verdicts de relaxe, eu égard à la difficulté pour un jury de justifier une condamnation sans preuve mais prononcée sur d’intimes convictions ou un faisceau de présomptions plus ou moins aléatoires.
Mais de cela, Sarkozy n’a peut-être rien à faire, seul comptant pour lui la propagande mise en place le moment venu autour de son engagement de défenseur des victimes. « Tout faire pour châtier plus durement les criminels », tel pourrait être l’effet d’annonce recherché. Bref, du pur Sarkozy !
par
"Réfugiés : l'Europe bloque l'Italie", écrit à la une le quotidien turinois. Le 9 avril, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, a une nouvelle fois fait appel à l'Union européenne pour affronter le "tsunami humain" des réfugiés qui arrivent sur le sol italien depuis la chute du président tunisien Ben Ali, en janvier dernier. La réunion des ministres européens de l'Intérieur, ce 11 avril, promet d'être houleuse, alors que la France et l'Allemagne se sont fortement opposées à la décision italienne d'octroyer des permis de séjour temporaires à ces réfugiés. Le ministre allemand de l'Intérieur a déclaré au cours du week-end que l'Italie devait "régler seule son problème de réfugiés". Pour le journal italien, "c'est l'égoïsme des plus forts qui prévaut".
courrier international.com - 11 Avril 2011
On connaît l'attachement du Medef à la baisse du coût du travail qu'il prône dans toutes ses réunions. Néanmoins, il sait aussi s'intéresser aux thématiques sociales, avec comme priorité : L'addiction des salariés ... aux drogues !
Le Medef 71 a décidé de lancer des « Management café » destinés, selon lui, a informer ses adhérents de thèmes concernant : les négociations salariales, le management des équipes, etc.
Il faut dire que les sujets ne manquent pas dans un période où les salaires n'augmentent pas et que les carnets de commandes ne sont toujours pas remplis. Peut être le Medef aurait-il pu aborder le sujet de la participation des salariés aux bénéfices des entreprises, chère à notre Président et rejetée par par Laurence Parisot ? Et bien non, pour ce premier « Management café », le Medef a préféré aborder un sujet beaucoup plus important à leurs yeux : les addictions des salariés
Le journal le Bien Public a fait un compte rendu de cette première qui se déroulait fin mars 2011 : « (...) le Medef organisait son premier “management café” à Chalon (...) pour cette première séance, l’addiction et le travail. Un lancement aussi efficace que décapant grâce aux intervenants. Pendant plus d’une heure, Jean-Philippe Blondel, de la Police nationale, responsable adjoint de la Brigade des stupéfiants, a d’abord exposé les modes de production des drogues et leurs effets spécifiques aux patrons (...) Immense, une carrure de boxeur, une cicatrice sur la pommette, le policier a son petit effet. Et en plus, Jean-Philippe Blondel sait raconter. Des « oh » et des « ah » ont ponctué son exposé.
Sans emphase, dur, et réaliste. On apprend, entre autres détails, que pour faire du cannabis – que certains enfants consomment dès l’âge de 7 ans – les narcotrafiquants ajoutent à la résine du kérosène, du cirage, du pneu brûlé ou encore de la « PM ».« Ne vous réjouissez pas trop vite. Il ne s’agit pas d’un policier municipal qu’on balance avec le reste. Mais de la pâte à modeler » Rire général, qui vient détendre les mines tendues du public.
S’ensuivent quelques conseils pour reconnaître un employé qui se drogue : écoulements de nez fréquents, yeux très ouverts, hyperactivité lorsqu’il s’agit d’excitants (feuilles de coca, cocaïne, amphétamines, crack…) ou un comportement lymphatique, hagard sur le long terme pour les drogues calmantes (opium, morphine, benzodiazépine, héroïne…). La troisième catégorie de drogues, les perturbateurs, regroupe entre autres le cannabis, les champignons, l’huile, le GHB (“pilule du viol”) et les drogues les plus dangereuses, les solvants et les colles (...) »
De quoi paniquer à la vue d'un salarié victime du rhume des foins ou d'une gueule de bois du dimanche soir. Et appeler en urgence le sieur Blondel si un des vos salariés vous fait une déclaration d'amour ou demande à ne pas être payé de ses heures supplémentaires !
Nous avouons que nous sommes impatients de connaître le prochain sujet du « Management café » ! Au cas où, l'imagination manquerait, nous pourrions leur proposer : « Quel attitude avoir face à la découverte d'une caisse noire ? » ou « Comment faire payer ses frais d'avocat par le Medef ? » avec comme animateur : un magistrat instructeur, qui trouvera certainement les mots, qui détendront ... « les mines tendues du public »
SLOVAR