L’Union Européenne, antisociale et anti-démocratique
07/04/2011 13:44 par rgrs
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L’Union Européenne, antisociale et anti-démocratique
07/04/2011 13:44 par rgrs
Les évènements que nous vivons en Europe depuis une année ont un immense mérite. Les masques tombent sur la réalité du projet européen tel qu’il est conçu aujourd’hui : antisocial et anti-démocratique. La probable hausse du taux directeur de la BCE le confirme à nouveau.
Une Europe antisociale
Je reste absolument perplexe quand je vois des gens se disant de gauche réaffirmant leur attachement à l’Union Européenne (ou les communistes défendre l’euro). Comment peuvent-ils ne pas comprendre que le projet européen véhiculé par les différents traités signés depuis vingt-cinq ans est fondamentalement antisocial ? Pourtant, les Français avaient bien compris, la gauche apportant une majorité des troupes qui avaient voté « non » en 2005.
Voici un petit parallèle assez frappant : selon un rapport de la Commission, les pays européens ont consacré 4589 milliards d’euros au sauvetage des banques. Certes, trois quarts de ces aides sont des garanties qui n’ont pas été activées, mais cela montre bien quelle a été la priorité lors de cette crise. S’il fallait sans doute sauver les banques, aucune réforme significative du secteur financier n’a été entreprise en contrepartie. Du coup, les mêmes excès reviennent…
En outre, quand on entend Jean-Claude Trichet dire qu’augmenter les salaires « est la dernière bêtise à faire », il y a de quoi être révolté et avoir des envies de révolution. L’entendre prendre la défense des classes populaires est risible tant cet homme porte une part de responsabilité dans la hausse du chômage sur le continent. Le projet européen, c’est un projet qui, sous couvert de recherche de compétitivité, veut présider à une grande régression sociale.
Une Europe anti-démocratique
Mais le pire est que cette Europe cherche également à graver dans le marbre ces politiques et les « protéger » de l’aléa démocratique. Il ne faut pas voir autre chose dans la volonté, en 2005, d’inscrire dans le TCE que « la concurrence libre et non faussée » est un objectif de l’Union. Un libéral démocrate pourrait en faire un moyen, mais en aucun cas une fin qui ne peut pas être remise en cause. Passons également sur le processus très contestable de ratification du traité de Lisbonne.
Malheureusement, il s’agit d’une constante. C’est ainsi que la politique monétaire a été soigneusement confiée à un aréopage de technocrates sans responsabilité politique, moyen d’isoler ce pan essentiel des politiques économiques de l’influence de la démocratie. Et maintenant, c’est la politique budgétaire qui devrait être doublement encadrée : par des limites constitutionnelles aux déficits et également par un examen des budgets nationaux par la Commission Européenne.
Mais en mettant sous une tutelle de plus en plus forte les décisions politiques (quand on ne les retire pas carrément des mains du gouvernement, comme pour la monnaie), ce projet européen vide la démocratie de sa substance. Certes, il y a toujours des élections, mais les gouvernements nationaux ont toujours moins de marges de manœuvre dans ce carcan toujours plus étroit et contraignant. Le projet européen étouffe lentement mais sûrement la démocratie.
Mais comme on le voit dans les pays arabes, quand on ajoute régression sociale et manquements démocratiques, les peuples finissent par se révolter, comme en Grèce. Ici, ce sera dans les urnes. Mais plus on attendra, plus la révolte sera brutale et incontrôlable.
Laurent Pinsolle
http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/
Misères patriotes
07/04/2011 13:39 par rgrs
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Misères patriotes
07/04/2011 13:39 par rgrs
Rendus à maintenant presqu' un an de la présidentielle de 2012 , qui promet d' être historique, le « camp national » , tous ceux, politiques ou citoyens de gauche comme de droite y voyant l' ultime occasion de sauver le peu restant de la souveraineté française , s' échinent à trouver les solutions afin de balayer le piège UMPS. Des appels au grand rassemblement sont ainsi lancés.
Beaucoup misent et d'autres se sont mis à miser et à poser leurs espoirs sur le Front National de Marine Le Pen, un « nouveau » front national auquel bien des gens et notamment des jeunes de notre génération, se mettent à s' interesser, à ne plus se cacher d'en apprecier certaines positions générales , qui par légitimité ou par opportunisme, ont été rattachées à celles de ce parti.
Depuis l' éléction sans grande surprise de Marine Le Pen au poste de présidente du Front National, son parti connait un regain d' attention formidable dans les médias, par le biais de diverses affaires , des syndicalistes CGT et FO se présentant sous bannière FN,à Vénussia Myrtil, au débat avec Mélenchon , en passant par le fameux sondage Harris Interactive jusqu'aux cris d' orfraie de l' UMPS, notament de l'UMP qui très grossièrement , tente de donner le change, en organisant ce fameux débat « sur l'Islam et la laîcité en France » , tout en tapant sur les doigts de quelques députés trop zélés afin de se donner bonne conscience malgré une sorte de skyzofrénie apparante.
De son coté, Nicolas Sarkozy semble avoir réactivé son « réseau Buisson » et tente de faire quelques coups médiatiques pour se repositionner selon les apparentes « nouvelles » lubies des français. Claude Guéant , devenu ministre de l'intérieur, ne cesse quant à lui de plaçer quand il le peut des petites sallies dans les émissions radios, peut être afin de coller avec cette « nouvelle » stratégie .
Quoiqu'il en soit, Marine Le Pen est bel et bien lancée comme la machine politique que l'on nous annoncait. Ces dernières années et sous son influence, elle mit en place sa politique de réforme interne visant – intelligement – à sortir son parti de son carcan sulfureux, ombragé par la jouissive et tonitruante silhouette paternelle, ne plus se placer dans l' opposition constante mais dans une optique de conquete du pouvoir, du moins l' affirmer. Nous connaissons tout cela , et on ne peut que trouver de la logique à cette stratégie, qui se veut tout de même plus rassembleuse , plus ouverte, rajeunie, du moins dans le style et l' effet , que ce qu'il semblait en être auparavant.
Pourtant, c'est sans doute là une redistribution des cartes politiques qui se met en place pour 2011-2012, avec un système UMPS qui apparaît aujourd'hui plus que jamais dans sa collusion tacite ponctuelle , qui fera face nous dit- on , à un Front National rénové et qui séduit de plus en plus de français, de droite comme de gauche , français « de souche » comme français issus de l' immigration « extra-européenne » , evidemment bien forcés de constater la réalité d' au moins 30 années de trahison constante des interêts de la Nation et de l' Etat français par les élites UMPS. Seulement, ces sentiments de sympathie sont souvent contradictoires justement selon ces jeunes et ces moins jeunes, comme l'on doit s'y attendre au sein de toute tendance.
Bien sûr, Marine Le Pen a formulé ou repris ces derniers mois une pensée tout à fait interessante en fustigiant le mondialisme, la construction européenne, en portant la critique sur l' Euro et en dénoncant même la loi Pompidou-Giscard de 1973. Des critiques dont on ne peut que féliciter la propagation , la portée de la voix de Mme. Le Pen étant à la mesure de sa célébrité et de sa présence médiatique.
Malgré tout , j'ai une certaine amertume et une méfiance à voir le Front National se positionner ( à moins qu'encore une fois, on ne le positionne comme un pion ? ) comme « la seule » alternative nationale à même de sortir notre pays et nos concitoyens de ces multiples et complexes servitudes et tracas que beaucoup d' entre eux ne perçoivent d' ailleurs pas toujours, car comme partout, on vote Front National pour des raisons plus ou moins variées, voires opposées, selon sa position sociale, son raisonnement personnel.
J'ai cette amertume , bien que je sens en moi une petite sympathie de crétin élécteur pour Marine le Pen dans ce « nouveau » Front National encore en construction , alors qu'il y a encore 5 ou 6 ans, je n' eusse jamais pensé à défendre ou vouloir même comprendre ce qui se passait dans ce parti. Disons qu'il y a de toute évidence, des points sur lequels je ne peux qu' être d' accord, points défendus depuis longtemps ou repris plus récemment avec plus ou moins d'opportunisme.
Mon amertume , c'est que je vois le camp de mon coeur, le camp que Todd nomme les « nationaux-républicains » (attention, rien à voir avec le parti de Mégret), représenté notamment par les Chevenement , les Dupont-Aignan et dans une moindre notoriété mais à un très bon niveau les Paul-Marie Couteaux, je vois ce camp risquer d' être fort négativement touché par la montée de ce nouveau front pour lequel certaines voix de sagesse et de probité nourissent bien quelques doutes, mais souvent tout autant de sympathie.
Oui, malgré la sympathie, il y a des doutes. Doutes sur le discours rassembleur , sur la capacité à rassembler tous les français de bonne volonté , doutes sur le discours anti-islamisme porté par un geste laicard, mais bien avec le dessein de séduire, un discours qui inquiete car il oublie ou fait mine d'oublier la profondeur de ce problème pourtant bien réel et préoccupant et qu'il fait rapprocher le discours du front national ( sur ce point en tout cas ) de l' extrême-droite atlantiste européenne qui rencontre un certain succès dans certains pays de l'Union. De plus , il faut dans une mouvance politque bien distinguer les sympathisants, les militants, les cadres, les élus, la direction et le dirigeant. Tous influent et ont plus ou moins pouvoir d'influence à double sens.
Et Todd à fort bien resumé le sentiment d' observateurs dans mon cas, en soutenant par exemple , que le Front National présentait actuellement le programme économique le plus sensé, notamment sur l 'Euro, ce qui n'est tout de même pas très difficile lorsque l'on voit quels funestes projets de trahison se cachent dans les programmes de l' UMP et du PS, projets tout à fait symétriques comme à leur habitude.
Il y a des raisons d' avoir de l' amertume quand on voit les difficultés que rencontre un parti comme Debout la République pour perçer et occuper une place de grand parti d' opposition en France. Paul-Marie Couteaux , du RIF, a recemment répondu positivement à l' appel au rassemblement des patriotes et souverainistes derrière la candidature de Marine Le Pen en 2012. Ce à quoi s'est -pour le moment- refusé Dupont-Aignan , lui qui a toujours critiqué certaines méthodes du Front National, bien que reconnaissant partager de nombreuses idées.
Cette résistance du président de Debout La République lui a valu quelques critiques éttonantes venant de la part de Marine Le Pen, relayée plus tard par certains de ces symathisants et d'autres, qui croient voir en Dupont-Aignan un sorte de remplacant à droite de Phillipe de Villiers, aujourd'hui presque oublié, dont la présence sur léchiquier politique serait due au besoin du système de fractionner les places à droite afin de réduire le vote Front National.
Même si de telles méthodes sont sans doute réalisables et ponctuellement effectives , il semble bien bas d' accuser ainsi Dupont-Aignan d'être un « pion » volontaire : en effet , sur l' échiquier politique, chacun est pion et joueur , proportionellement à la force et l' influence dont l'on dispose .
On sait par exemple que le Front National fut l'instrument des socialistes notamment durant les années 1980. Durant la présidentielle 2007, la campagne de Nicolas Sarkozy s'était largement servie de certaines thématiques afin cette fois ci, de supplanter le vote Front National.
De plus, la comparaison entre NDA et Phillipe de Villiers est loin d'être crédible, l' intelligence politique du premier étant largement supérieure à celle du second, qui a souvent axé sa réthorique sur l' islamisme, s' enfermant dans une caricaturisation facile. De plus , de Villiers a fini par faire une alliance avec l'UMP, tandis que Dupont-Aignan, proche lui aussi du courant séguiniste a quitté l'UMP ne semblant plus être en accord sur l' évolution du parti sous l' influence sarkoziste.
Mais voyons un peu les grandes lignes de la doctrine chez Debout la République.
Ce parti dispose pourtant du programme qui en France se rapproche sans doute le plus de la somme de politiques à mener pour retrouver les commandes de la destinée du pays.
Voyez sur la plupart des plans :
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économique : dénonciation de la loi sur la monnaie de 1973, milite et à fait campagne pour le retour du franc et d'une souvenraineté monétaire , politique de relocalisation du tissu industriel, volonté de partenariat économique avec l' Europe du sud et le Maghreb, dénonciation de la haute finance mondialiste, critique du FMI et de la politique européenne en Grèce, contrôle ou retour de l' Etat pour les secteurs qui apparaissent au vu de l'évolution du monde les plus stratégiques (télécommunication, transports nationaux, monnaie, sources d' énérgie stratégiques...)
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politique étrangère : critique l' alignement atlantiste, souhaite le retour de la voix de la France, a vigoureusement critiqué le retour dans le commandement de l' OTAN, en prone son retrait, critique la politique étrangère du mandat Sarkozy dans son ensemble par son suivisme , réclame depuis toujours le retrait des troupes d' Afghanistan et d'Irak.
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immigration et politique intérieure : a critiqué et démasqué l' imposture de l'immigration massive en réalité ultra-libérale et anti-sociale, prône une réduction drastique des flux migratoires au vu de l' évolution du monde, des besoins, du chômage et de la société, prône une politique de maintien de l' ordre publique et de la sécurité très ambitieuse et non pas basée sur les coups d' éclats médiatiques et émotionels pour impressioner les masses...
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agriculture et environnement : très critique à l' égard de l'OMC et dénonce le décricotage de la PAC, milite pour une agriculture ambitieuse et productrice à condition d' être à pointe de la défense environnementale et de l'énergie verte, critique la mort du monde paysan et de ses traditions au profit d'une agriculture déstructrice, intensiviste et controlée par les grands groupes internationaux, est pour le soutien de l' agriculture en Afrique francophone notamment afin de limiter une part de l'immigration massive, souhaite faire de la France l'avant garde de l' energie propre et renouvelllable...
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Education : critique virulent de l' abandon de l' éducation, notamment dans certaines villes ou quartiers dans certains départements, prône une éducation républicaine retrouvant son excellence et sa discipline, le respect et la crainte des professeurs à condition d'en finir avec cette éducation de plus en plus au rabais, souligne l' importance de l' éducation civique et républicaine, de l'enseignement du respect de la Patrie, revalorisation du service militaire...
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Société : se réclame de tradition gaulliste sociale, accorde une grande place à la fonction de défense du social par l' Etat, sur les questions de société et de cohésion nationale, entend défendre les acquis sociaux contre les politiques libérales de ces derniers mandats, autant sous la droite que sous la gauche, à ce titre a toujours démystifié la collusion UMPS...
Il manque bien des choses et l'on pourrait en ajouter encore, mais le point principal qui distingue sans doute le plus DLR et le FN, Dupont-Aignan et Marine Le Pen, ce sont sans doute le traitement des questions de « cohésion nationale » et entre autres de la question de l'Islam en France par exemple.
On se souvient de l' affiche peu finaude du front national « contre l'islamisme » qui illustrait bien cette époque de la grande mode « anti-islamisme » au front, tendance qui semble s' être légerement atténuée depuis quelque temps dans les interventions de Marine le Pen et aujourd'hui en cours de récupération par l'UMP.
Dupont-Aignan s'est toujours montré mesuré sur ces questions , a été pour l'interdiction de la burqa, des prières de rues évidement, a trouvé légitime la polémique à propos des construction de mosquées en France mais a eu une remarque fort interessante sur la chaine parlementaire à l'époque : il était bien normal qu'il dut y avoir quelques mosquée dignes de ce nom en France , à condition qu'elles ne soient pas d' énormes cathédrales mais surtout il ne comprenait pas que n'en construise pas dans un style architectural très européen, néo-gothique ou néo- roman par exemple. Ce serait en effet, la moindre des choses.
Si je m' attarde sur le mouvement politique de Dupont-Aignan, c'est que je trouve qu' aujourd'hui il représente à mes yeux en tout cas, le seul digne de représenter un projet presque complètement viable, ce qui n'est pas aisé et qui en dépit de cela, est potentiellement à même, par so ncaractère transcendant, de rassembler sensibilités de « gauche » comme de « droite » pour peu qu'on lise correctement ce qu'il propose.
Seulement, le monde politique , le monde tout simplement, n'est pas qu' idée. Il est réseau, apparence, stratégie, tactique, trahison, hypocrisie, alliance, utilité, rétribution.Charisme.
Tout ceci, Dupont-Aignan le sait pour avoir été en politique depuis assez longtemps. Comment se faire entendre autrement que par la « force » , sinon que d' être utlisé comme caution ou comme pature ? Des partis comme le NPA pourtant très minoritaires, ont ainsi été poussés sous les projecteurs, car ils sont utiles pour ceux qui les utilisent. Ils ne nuisent pas , au contraire. Les militants sont souvent sincères et leurs chefs le sont eux même parfois aussi, par naiveté Parfois, ils en sont conscients en pensent pouvoir piéger les maîtres du jeu.
Marine le Pen sait très bien qu'il se peut que l'on veuille ou que l'on l'utilise , tenter de la manipuler. L'important est d'en être conscient et d'en tirer réellement profit, ce qu'elle fait pour l'heure plutôt habilement.
Mais bien sûr, il n'y a pas seulement que d' être manipulé, il faut aussi savoir communiquer, se vendre ou qu'on vous laisse vous vendre, et avoir un charisme , une gueule , une voix. Des qualités qui manquent au dirigeant de DLR.
Dupont-Aignan le sait et l'a parfois reconnu, ce qui est à la fois courageux et potentiellement fatal. Il a souvent voulu réaliser des alliances en se servant de personnages plus connus , plus médiatisés, ayant une gueule et une voix, et un public à convaincre. Bayrou et de Villepin déclinèrent, trop peureux, trop bien installés dans leurs postures.
C'est ainsi dit-il, que Dupont-Aignan s'est résolu à y aller, en dépit du risque qu'il prenait, ne serait ce que professionellement et financièrement.
Mais je m'attarde sur Dupont-Aignan, mais il y eut « avant » lui, le très estimé, le très distigué Chevenement, connu de par ses fonctions ministérielles. Un vrai gentilhomme qui hélas a déjà eu ses coups d' éssais, qui se soldèrent par un désinteret malgré un programme fort interessant.
Ce n'est pas faute de paraître régulièrement dans les émissions de radio ou de débats télévisés, certes souvent quelque peu confidentiels. De plus , son mouvement est fort jeune en comparaison d'un Front National présent depuis presque 40 ans sur l' échiquier politique et defrayant la chronique depuis facilement 25 ans. Ca laisse largement le temps de se faire connaître, surtout avec l'incroyable personnalité de Jean-Marie Le Pen, trait dont semble avoir correctement hérité sa fille Marine, l'exprimant à sa façon , avec son temps.
Se rallier au Front National ?
C'est bien une figure plus connue, plus « télégénique » que cherchait Dupont-Aignan pour représenter ses idées. Se rallier à Marine Le Pen serait se rallier à un adversaire dans la course, mais pas forcément sur les idées, un adversaire sur léchiquier donc , alors que NDA travaille depuis plusieurs années pour la présidentielle de 2012, lui qui n'avait pas pu se présenter à celles de 2007.
Un adversaire largement en avance , ne serait ce qu'au niveau financier , du nombre d' adhérents , mais surtout de la notoriété et de l'influence. Par contre, DLR possède deux députés à l' assemblée, là ou le FN n'en a aucun.
Un « adversaire » auquel il semble à priori que NDA ne fera pas allégeance , quoiqu'il en soit.
Les misères patriotes, c'est ce désarroi face aux hésitations , aux choix à faire alors que des partis comme le MRC, DLR et d'autres de même accabit , à droite comme à gauche , ne surent produire une alliance à même de secouer completement le paysage politique français.
Trop tard, car le choix à faire sera peut-être et sans doute entre UMP/PS et Front National.
Il n'est évidemment pas question de voter pour Sarkozy, encore moins pour son double Strauss-Kahn, devant lequel le premier n'est qu'un risible avant-goût. Et alors, il faudra bien pouvoir se décider
Gaillus II
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/miseres-patriotes-91908
Ah ! Si Total était encore une entreprise publique !
07/04/2011 13:18 par rgrs
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Ah ! Si Total était encore une entreprise publique !
07/04/2011 13:18 par rgrs
Total ne paye aucun impôt en France, c’est de notoriété publique depuis les révélation d'Emmanuel Lévy, et de Nicolas Prissette. Mais qui se souvient que ce fut une entreprise nationale, qui rapportait d'énormes dividendes à l’Etat ? En la privatisant, Edouard Balladur a rendu un bien mauvais service à la France.
Selon Les Echos du mercredi 6 avril, François Baroin a sur son bureau une décision politiquement lourde. Doit-il ou non proroger pour 3 ans le statut fiscal du groupe Total, dit Bénéfice mondiale consolidé (BMC). Le plus puissant et le plus riche des sociétés françaises a droit, comme quatre autres grands groupes mondialisés, dont Vivendi, NRJ et Euro Media Group, de déduire les pertes de ses filiales à l’étranger de ses bénéfices en France. C’est une forme de soutien de la puissance publique aux « champions nationaux » partis à la conquête de l’étranger. Les autres pays procèdent de la même manière.
Mais si le BMC permet à Total de ne payer aucun impôt en France, alors qu’il réalise environ 10 milliards d’euros de bénéfices, l’arrêt du BMC ne permettrait de récupérer au mieux que quelques centaines de millions (la niche fiscale totale représenterait environ 460 millions d’euros de pertes de recettes pour l’Etat).
En fait, le vrai drame français, c’est que Total et Elf ont été privatisés par Edouard Balladur entre 1993 et 1995 pour quelques dizaines de milliards de FRANCS. Une OPA de Total sur le belge Fina puis sur Elf a produit le mastodonte actuel. S’il était encore un groupe nationalisé, il rapporterait à l’Etat 5 milliards d’euros de dividendes par an, en moyenne, voire 6 milliards les bonnes années (comme en 2007), puisque Total redistribue entre 32% et 39% de ses bénéfices. Pour être juste, le bénéfice net ce serait 4 milliards (en déduisant le prélèvement libératoire des actionnaires).
On imagine que les 5 milliards d’euros (32 milliards de francs !) arrangeraient bien les comptes publics que la crise et la gestion de l’UMP sous Chirac et Sarkozy ont dégradé dans des proportions historiquement inégalées. En 2007, la dette publique était aux alentours de 60% du PIB. En 2012, elle approchera 90% du PIB. En euros : 600 milliards d’euros. Il faudra des générations de patience aux contribuables pour revenir à une situation gérable. Et ce sera d’autant plus dur que les Balladur et autres (Chirac, Sarkozy, Villepin mais aussi Jospin et DSK) ont vendu les « machines à cash » qu’étaient les entreprises publiques.
Reste à savoir s'il est possible de renationaliser ? Dans l'état actuel du droit, ce serait très cher puisque les actionnaires pourraient exiger une « juste indemnisation », comme le stipule la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Il faudrait aussi un motif valable, puisque selon la constitution de 1946, seuls les monopoles ont vocation à être détenus par la Nation. Et Total, tout puissant qu'il est, n'en n'est pas un. Comme quoi, il faut réfléchir à deux fois avant de vendre ses bijoux de famille.
Hervé Nathan - Marianne
http://www.marianne2.fr/hervenathan/Ah--Si-Total-etait-encore-une-entreprise-publique-_a92.html
Pour Demorand, la démondialisation relève du crypto-lepénisme!
07/04/2011 13:14 par rgrs
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Pour Demorand, la démondialisation relève du crypto-lepénisme!
07/04/2011 13:14 par rgrs
Ce jeudi matin, Nicolas Demorand assimilait dans son éditorial les tenants de la démondialisation - parmi lesquels, Arnaud Montebourg - au crypto-lepénisme. Son directeur de cabinet Gaël Brustier répond au directeur de Libération, qu'il juge bien coupé des couches populaires. Marianne2 publie également l'éditorial incriminé.
Dans un éditorial intitulé Arrogance, Nicolas Demorand, fraîchement débarqué au journal Libération, accable de sarcasmes les tenants de la démondialisation. Boussole intellectuelle qui indique le sud, Nicolas Demorand se fait évidemment l’inquisiteur du crypto-marinisme, dont se rendraient coupables tous ceux qui se sont saisis du concept de démondialisation. Avec des fulgurances qui lui appartiennent, un catalogue à la Prévert dont on commence à se lasser depuis quelques temps, le directeur de la publication de Libé n’arrive pas à disqualifier autrement les tenants de la démondialisation qu’en décrétant une nouvelle loi des suspects.
Monsieur Demorand tente donc maladroitement de jouer les Mc Carthy. Il se plaît à mettre dans le même sac « l’extrême droite arc-boutée sur les frontières et la France d’avant ; des néo-colbertistes de la droite classique ; des souverainistes favorables à des barrières européennes ; un arc-en-ciel socialiste plus ou moins offensif ; une gauche de la gauche souhaitant lutter contre le dumping social, environnemental, fiscal dont se nourrit la mondialisation ». On échappe donc de peu à voir les tenants de démondialisation suspectés de connivence avec Eric Zemmour (le lecteur a du retenir son souffle, mais le pire n’est pas arrivé).
Mais pourquoi diable aborder le sujet de la « démondialisation » ? Et surtout pourquoi lier explicitement ce sujet à Madame Le Pen, « l’extrême droite », les « souverainistes » (qui d’ailleurs veulent des barrières « européennes », preuve qu’ils ne le sont plus guère) etc. ? Pourquoi cet empressement à la « reductio ad lepenum » d’un concept que Madame Le Pen n’a rigoureusement jamais utilisé ?
Ce qui frappe le plus le lecteur c’est que Monsieur Demorand se garde d’aborder le fond du sujet. Il jette la suspicion sur la « démondialisation » - que seul Arnaud Montebourg a utilisé à ce jour dans le champ politique – en citant, une fois de plus, Marine Le Pen, devenue, depuis quelques semaines, un personnage à mi-chemin entre le « Emmanuel Goldstein » du 1984 d’Orwell et une star de téléréalité (celle qu’on aime haïr et dont on parle sans cesse). Libération est devenu le journal d’une France qui n’existe pas : puisque la réalité donne tort à son directeur, il lui reste à orchestrer quelques solides procès en sorcellerie pour maintenir son système de pensée.
Problème, l’inquisiteur s’emmêle un peu les pinceaux en administrant la question. Selon Monsieur Demorand « l’extrême droite avec Marine Le Pen espère par ce biais récupérer le vote des classes populaires » (sic, découverte majeure de la science politique). Si Monsieur Demorand s’intéressait un peu à ce qui se passe en France (qui n’est pas définissable en fonction des conversations de la machine à café de la rue Béranger, siège de Libé), il constaterait que la captation de l’électorat populaire par les droites – et d’abord par le FN – est déjà massive. Madame Le Pen « n’espère » donc rien : elle a déjà « siphonné » cet électorat là. Elle a en effet déjà obtenu les votes de 35 à 40% des ouvriers et des employés qui se sont déplacés aux urnes les 20 et 27 mars. Désormais, elle vise d’autres segments de la populations : jeunes, étudiants, cadres, retraités, fonctionnaires… Tous ces segments auxquels on va continuer de tenir un discours « moralisateur » et surtout pas politique… En outre, à faire le bilan de la globalisation financière et du libre-échange intégral, il convient sans doute de se demander s’il n’est pas temps d’établir une autre offre politique en France, raisonnable, équilibrée et qui remette l’économie à l’endroit… Que l’extrême souffrance économique et sociale soit à la base de la modification des représentations collectives est un fait semble échapper au directeur de Libération. Il faut donc répondre au fond des problèmes économiques et sociaux en les liant à la question du « commun ». Cette articulation là pourrait avoir quelque chose à voir avec la « démondialisation »…
La « démondialisation », inventée au Sud, pourra donc faire l’objet de longs débats… Que Monsieur Demorand se rassure ! Ce qui est, en revanche, surprenant, c’est l’incapacité du directeur de Libération à la fois à saisir la réalité du pays et à rompre avec l’un des dogmes les mieux assis quoique devenu le plus inepte. Ce qui est aussi remarquable, c’est la capacité à nier habilement – mais avec des « points d’interrogation » ! – le caractère « réversible » de la gestion calamiteuse des échanges internationaux ou le caractère « souhaitable » du protectionnisme européen. Pas de doute, le cœur de l’idéologie des classes dominantes, preuve de leur égoïsme foncier, demeure envers et contre tout le libre-échange…
Gaël Brustier - Tribune
L'éditorial de Nicolas Demorand, paru jeudi 7 avril 2011 dans Libération :
Arrogance
Après les « anti » et les « alter », voici les tenants de la « démondialisation » où se croisent l’extrême droite arc-boutée sur les frontières et la France d’avant ; des néo-colbertistes de la droite classique ; des souverainistes favorables à des barrières européennes ; un arc-en-ciel socialiste plus ou moins offensif ; une gauche de la gauche souhaitant lutter contre le dumping social, environnemental, fiscal dont se nourrit la mondialisation. Bref, assez de monde pour faire de cette question un nouveau clivage politique. Quel chemin parcouru depuis « Tina », acronyme tiré d’une phrase fameuse de Margaret Thatcher : « There is no alternative. » Comprendre : hors du libéralisme économique, point de salut. La brutalité des politiques mises en œuvre à l’époque a dévoilé, depuis, toute leur arrogance théorique et idéologique. Avec la crise économique mondiale, ce sont précisément ces dogmes qui ont fait faillite. Et par un étonnant retournement de l’histoire des idées, les propositions des « antimondialisation », devenus « altermondialistes », naguère moquées et traitées par le mépris, sont finalement dominantes. A tel point qu’elles sont reprises à droite, Nicolas Sarkozy plaidant avec vigueur pour une taxation des transactions financières, et à l’extrême droite avec Marine Le Pen qui espère récupérer par ce biais le vote des classes populaires. Demeurent deux questions qui désormais traversent les partis : la mondialisation est-elle sur certains points réversible ? Et, pour ce faire, le protectionnisme est-il possible et souhaitable ?
http://www.marianne2.fr/Pour-Demorand-la-demondialisation-releve-du-crypto-lepenisme_a204757.html
Elections au Kazakhstan : on n'est pas en Libye ni en Côte d'Ivoire
07/04/2011 12:53 par rgrs
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Elections au Kazakhstan : on n'est pas en Libye ni en Côte d'Ivoire
07/04/2011 12:53 par rgrs
Pendant que la communauté internationale avait les yeux rivés sur la Libye et la Côte d'Ivoire, le dirigeant kazakh Nazarbayev, depuis 22 ans au pouvoir, se faisait tranquillement réélire avec le score irakien de... 95,5% des suffrages !
Loin des révolutions arabes, le Kazakhstan vient de réélire avec un score pharaonique Noursoultan Nazarbayev, 70 ans, dont 22 à la tête de ce pays de 16,4 millions d’âmes, cinq fois plus grand que la France. Un scrutin tout sauf irréprochable, selon les observateurs indépendants, qui n’a pourtant valu aucune critique sérieuse de l’Occident à cet autocrate ex-soviétique… Explication.
Avec 95,5% des suffrages, contre 91,2% en 2005, le président kazakh Noursoultan Nazarbayev, 70 ans, dont 22 au pouvoir, a été réélu à son poste pour cinq ans dans l’indifférence générale. Pourtant, un tel score, doublé d’un taux de participation de 89,9%, paraît un tantinet surfait dans ce pays riche en pétrole. D’autant que l’un des trois autres candidats, l’écologiste Mels Eleusizov, s’est même vanté d’avoir voté pour lui ! Qualifié de « farce » par l’opposition, le scrutin anticipé de deux ans constitue une évidente déception pour l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, l’OSCE, justement présidée l’an dernier par le Kazakhstan, contre la promesse de procéder à des réformes démocratiques. « A notre grand regret, il nous faut conclure que cette élection aurait du et pu être meilleure », a déploré Daan Everts, chef de la mission d’observation à long terme déployée au Kazakhstan par l’OSCE : pressions sur les électeurs, campagne unilatérale, absence de concurrence, le scrutin fut loin d’être parfait.
Mais on attendrait en vain les critiques de l’Occident. Bien au contraire : la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a même été jusqu’à « féliciter le peuple du Kazakhstan pour avoir exercé ses droits démocratiques à l’élection présidentielle du 3 avril ». Ebouriffant ! Nazarbayev, ceint d’une écharpe jaune éclatante, symbolisant sa victoire électorale, en est bien conscient. « Cette participation de près de 90% et votre soutien de plus de 90% pour moi, est une sensation pour l’Occident », a-t-il triomphé. Ce qui laisse mal augurer d’une hypothétique démocratisation avant les législatives de l’an prochain, dans ce pays où un parti unique siège au Parlement. D’autant que les intimidations à l’égard des rares journalistes indépendants du cru ont redoublé à l’approche du scrutin, relèvent les défenseurs locaux des droits de l’Homme.
Rien de tout cela ne semble troubler le sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou, vice-président du Groupe du Rassemblement démocratique et social européen, chargé de développer les relations économiques de notre pays avec l’Asie centrale. « Cela s’est dans l’ensemble bien passé, il y avait des isoloirs », plaide-t-il, ayant lui même veillé à la transparence du scrutin, « parmi 3000 observateurs », croit-il savoir. Certes, l’élu gascon admet sans difficultés quelques « différences culturelles » en matière de rigueur électorale. Mais le sénateur du Gers, qui se flatte d’être un proche de Nazarbayev, croit en la réelle détermination de ce dernier à moderniser le pays. « Je vous renvoie aux déclarations géopolitiques de ce remarquable dirigeant, à la tête de ce grand pays situé entre la Chine et la Russie, et très soucieux de son indépendance. Il est urgent d’y être ! », s’enflamme Montesquiou, qui se flatte d’avoir contribué à « doubler le chiffre de nos relations commerciales ». Comment ? Le sénateur, qui avoue volontiers « passer ses vacances » au Kazakhstan et même « s’être mis au russe », cite à son palmarès de VRP du savoir-faire français des « exportations de bovins » et des « ventes d’hélicoptères »…
Anne Dastakian - Marianne
Dominique de Villepin à la presse suisse allemande: "Le monde a beson de la France"
07/04/2011 12:47 par rgrs
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Dominique de Villepin à la presse suisse allemande: "Le monde a beson de la France"
07/04/2011 12:47 par rgrs
Interview de Dominique de Villepin à la presse allemande...
Première partie: le rôle de la France en Lybie.
Monsieur de Villepin, la France a donné l’impulsion à la communeauté internationale en Lybie. Était-ce juste ?
L’initiative était valable. Elle est juste aussi longtemps qu’elle se meut dans le cadre de la résolution de l’ONU. Le but avoué de « 1973 » est bien de protéger les civils. Cela doit rester absolu.
Mais maintenant, il apparaît que l’intervention sort largement du but fixé.
Précisément, c’est le problème. Plusieurs puissances tiennent pour déplacé d’envoyer d’une manière ou d’une autre des troupes au sol en Lybie. Ou alors elles jouent avec l’idée d’équiper les rebelles. Donc nous ne devons pas intervenir directement dans le conflit politique lybien.
Mais alors Kadhafi est vainqueur à la fin.
Dans tous les cas nous devons chercher par tous les moyens possibles politiques et diplomatiques à relayer l’action des militaires. Les premières démarches de l’ONU devaient servir à cela : les actions sur les affaires et les finances, le gel des biens du col. Kadhafi et des siens, et la procédure instruite de la cour internationale à La Haie. Ce sont tous des éléments d’une stratégie avec laquelle on peut placer le régime lybien sous pression diplomatique.
Kadhafi peut bien contourner cette pression, ce qu’il a prouvé durant des décennies.
Voyez-vous, ce que nous entreprenons aujourd’hui en Lybie doit aussi être possible plus tard dans d’autres pays. C’est pourquoi il est important que les règles soient respectées , que l’Occident ne mine pas lui-même sa propre légitimité. Alors il perd de même l’appui de ces institutions sur lesquelles il devrait compter : l’Union Africaine et la Ligue Arabe.
L'occident ne doit-il pas provoquer un changement des règles par son intervention – même en secret?
Non, les Etats sont souverains. Le peuple libyen doit pouvoir décider lui-même de son destin. Cela doit rester sa révolution. Nous devons uniquement aider les libyens, en les protégeant des abus de la supériorité militaire de Ghadhafi.
Etait-ce correct d'envoyer l'OTAN?
Non, c'était le mauvais signal. J'étais depuis le début contre. L'OTAN a mauvaise réputation dans le monde arabe et en Afrique. Le danger est grand, que l'action placée sous son égide soit ressentie négativement et génère le rejet. A présent nous devons nous assurer que la conduite politique des opérations reste au possible multilatérale.
Comment agit l'Union Européenne dans ce dossier?
Nous avons ici une nouvelle fois vu les limites de l'Europe politique – ainsi que les limites des ambitions communes de porter plainte pour la défense. A la fin, il ne reste que l'axe franco-britannique qui de surcroît, a été construit de façon strictement bilatéral. C'est regrettable, mais pas surprenant: cela démontre que la France a peu atteint, avec son engagement pour plus de convergence.
Nicolas Sarkozy n'a t-il pas brusqué beaucoup de gens au travers son annonce, notamment les Allemands?
Bien sûr, la forme était maladroite, un peu dilletante. Tel qu'il a reconnu l'opposition libyenne sur les marches de l'Elysée, sans en avoir informé les partenaires, n'est pas très usuel. Je me demande aussi, si le conseil de transition libyen, tel qu'il est composé actuellement, représente effectivement le peuple libyen. Cependant, en plein milieu d'une crise, au coeur d'une manoeuvre, il est difficile de respecter tous les esprits et de ne taper sur la tête de personne.
Est-ce que le solo de Sarkozy était un acte de force?
Peut-être, mais tout à fait dans notre tradition. Le monde a eu depuis 1996 assez de temps, pour s'adpater à la France – à sa voix singulière et à son rôle spécial dans le concert du monde. Tant que la France se tenait éloignée de l'OTAN (entre 1996 et 2009, ndlr), nous avions toujours la possibilité, parfois d'intervenir, parfois d'en rester éloigné, parfois de construire une alliance. Mais maintenant, nous arrivons tout de suite dans un gros tourbillon, tel qu'il en est en Libye, qui à la fin, nous englouti. Je regrette, qu'avec notre adhésion à l'OTAN, nous ayons perdu notre originalité.
A suivre...
Source: Tages Anzeiger
Remerciements à Marine et Françoise pour la traduction...
http://2villepin.free.fr/index.php/2011/04/07/1859-dominique-de-villepin-a-la-presse-suisse-allemande-le-monde-a-besoin-de-la-france
Forts, faibles et flous : le projet du PS en trois points
07/04/2011 08:15 par rgrs
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Forts, faibles et flous : le projet du PS en trois points
07/04/2011 08:15 par rgrs
Martine Aubry aurait aimé qu’il s’appelle « L’avenir aime la France ». Finalement, cet intitulé n’a pas été retenu. Le projet socialiste pour 2012 s’appellera « Le changement ». Un titre sobre, mais efficace ? C’est là toute la question. Petit tour d’horizon non-exhaustif de ce projet en trois points : les points forts, les faibles et les flous.
LES POINTS FORTS :
300 000 emplois d’avenir. C’est, avec les 10 000 recrutements dans la sécurité (voir ci-dessous) la seule promesse chiffrée du programme. Elle rappelle évidemment les « emplois jeunes » de Lionel Jospin en 1997. Pour une bonne raison : les socialistes font l’analyse que le premier facteur de la crise des classes moyennes se situe dans les difficultés d’insertion des jeunes dans la vie professionnelle, comme il y a quatorze ans; 660 000 moins de 25 ans sont inscrits à Pôle emploi. En embaucher un sur cinq dès 2012 pour cinq ans modifierait le comportement des entreprises, qui seraient alors poussées à présenter enfin aux jeunes diplômés des emplois en CDI à plein temps.
Par ailleurs 300 000 emplois, financés par la suppression de l’aide fiscale aux heures supplémentaires, apporteraient un surplus de 0,5% à la croissance. « Ce n’est pas la croissance qui crée l’emploi, mais l’emploi qui génère la croissance », explique le patron du Conseil d’analyse économique du PS, Pierre-Alain Muet. Certes, mais le risque des emplois d’avenir, c’est de provoquer le déclassement des jeunes diplômés dans des jobs plus proches de la voie de garage que du tremplin.
La fiscalité plus progressive. Depuis le temps que les socialistes en parlent, ils vont peut-être arriver à établir l’impôt citoyen. A savoir la fusion de l’impôts sur le revenu des personnes physiques avec la Contribution sociale généralisée. L’idée avait déjà été adoptée en 2005 lors du congrès du Mans, puis mise en veilleuse par la candidate Ségolène Royal. Elle ressort cinq ans plus tard, renforcé par les thèses du livre Pour une révolution fiscale de Thomas Piketty et Emmanuel Saez. La véritable révolution de « l’impôt citoyen », sera de le rendre progressif comme l’IRPP, mais assis sur quasiment tous les revenus, comme la CSG. Adieu donc les prélèvements libératoires favorables aux revenus de l’épargne. Cet impôt devrait donc être doublement redistributif : des épargnants vers les travailleurs d’une part, et des riches vers les pauvres d’autre part. A quel niveau ? Pour le moment c’est encore un mystère puisqu’on ne connaît pas les taux de ce futur impôt. Sans doute les candidats à la primaire socialiste nous indiqueront-ils leurs intentions ?
L’Europe protectionniste. C’est sans doute une des évolutions les plus fortes du Parti socialiste, qui affirme pour la première fois dans un programme la nécessité de « protéger les intérêts de l’Europe, de ses savoir-faire et de des salariés dans la mondialisation », et propose « d’augmenter les droits de douanes sur les produits provenant de pays ne respectant pas les normes sociales et environnementales ». Si l’on ajoute l’idée, plus commune, de l’emprunt européen pour l’investissement dans les infrastructures, les socialistes affichent enfin une attitude exigeante envers l’Europe. Reste une interrogation : et si les partenaires de la France refusent de suivre ce chemin, que ferait un gouvernement de gauche ? Hélas, seul Arnaud Montebourg répond qu’il faudrait être capable de passer outre.
L'immigration plus transparente. Changement notable et appréciable de philosophie de la part du PS en matière d’immigration qui a décidé de ne plus se contenter de prendre le sujet par le seul prisme humanitaire, mais d’aborder aussi cette question d’un point de vue économique. Les socialistes, dont la politique d'immigration était, on l'a oublié, plus restrictive entre 1997 et 2002, que celle des gouvernements Fillon, expliquent ainsi que « l’objectif d’une politique d’immigration maîtrisée et concertée avec nos partenaires européens mais aussi avec les pays d’origine, et les moyens d’y parvenir, seront débattus par le Parlement et feront l’objet d’une loi de programmation et d’orientation destinée à bâtir un consensus républicain. » En clair, tous les trois ans, après discussions avec les partenaires sociaux, les territoires et des universitaires, une loi de programmation et d’orientation pourrait décider du nombre de personnes que la France pourrait accueillir et dans quels secteurs économiques. Selon Sandrine Mazetier, secrétaire nationale à l’immigration au PS, la logique est simple : « Des flux migratoires réguliers permettent d’assécher le travail irrégulier ». Et, effet domino oblige, d’amoindrir la concurrence entre travailleurs réguliers et irréguliers. Cette loi de programmation et d’orientation aura un autre mérite : le débat sur cette question sensible qu’est l’immigration sera enfin public et ne restera pas confiné dans les locaux de la Place Beauvau. Bémol : 45% des migrants (ceux qui bénéficient du droit d’asile et du regroupement familial) pourraient être écarté de ce débat public.
La sécurité n'est plus niée. Autre changement remarquable : le rapport du PS à la sécurité. Les socialistes ont décidé de faire de ce sujet-là — qui l’eut cru — une de leurs priorités. Du pur affichage ? En tout cas, le Parti socialiste a visiblement envie d’envoyer un message aux Français puisque les seuls créations de postes annoncés dans le projet le sont dans les rangs des forces de l’ordre : « Au cours de la mandature, nous créerons 10 000 postes de gendarmes et policiers dont un millier dès 2012. » L’été dernier encore, Jean-Jacques Urvoas, le secrétaire national à l’immigration n’en espérait pas tant. Dans les colonnes de Marianne, il regrettait que Nicolas Sarkozy ait, lui, « supprimé 10 000 postes de gendarmes, de policiers en quatre ans ». Mais face à la « paupérisation financière » de l’Etat, il imaginait devoir s’appuyer sur les effectifs restants et se voyez déjà obliger de les « redistribuer » plus efficacement sur le territoire, en les concentrant notamment sur « les 20% de départements qui concentrent 60 % de la délinquance ». Les choses avancent donc au PS. Reste à voir si la mise en pratique sera à la hauteur du discours…
Vers un bouclier rural ? En demandant aux « jeunes médecins libéraux d’exercer en début de carrière dans les zones qui manquent de praticiens », notamment dans les territoires ruraux et les banlieues, Martine Aubry sait que « ça va un peu rouspéter ». « Mais on ne fait pas de politique sans bousculer certains meubles », ajoute-t-elle à très juste titre. Car voilà une riche idée. En tout cas le genre d’idées innovantes et volontaristes que l’on aurait aimé voir plus nombreuses dans le projet socialiste pour 2012. Certes, cette idée n’est pas neuve. Laurent Fabius la portait lors des primaires du parti en 2006. On comprend donc aisément comment elle a fini par revoir le jour puisque c’est un fabiusien, Guillaume Bachelay, qui a rédigé ce programme.
Dans le même ordre d'idée, le PS dispose, dans ses tiroirs, d'un fabuleux outil, le « bouclier rural », susceptible de garantir aux habitants des campagnes l’accès aux services publics de santé notamment. Présent en annexe du document de travail que Marianne2 a publié lundi, il n’apparaît malheureusement pas dans la version grand public…
LES POINTS FAIBLES :
Le budget pour commencer. Comment faire avec seulement 25 milliards d’euros ? Si la vérite d’un programme se trouve dans les chiffres, ceux du « cadrage budgétaire » établis sous l’égide de Pierre-Alain Muet et Michel Sapin sont révélateurs de la terrible contrainte dans laquelle se retrouveront les socialiste s‘ils parviennent au pouvoir en 2012. Les spécialistes du PS estiment qu’à la fin de 2011, la croissance sera inférieure à 2%, le déficit à « environ 7% du PIB » et la dette publique accumulée s’approchera des 90% du même PIB.
La première priorité des socialistes serait donc le désendettement de la France. « C’est incontournable, pour une raison simple : actuellement toutes les marges de manœuvres sont absorbées par le remboursement de la dette (actuellement 50 milliards d’euros par an, ndlr). Diminuer la dette, c’est redonner des marges à la politique économique », explique Michel Sapin. Le projet socialiste compte donc affecter la moitié des recettes nouvelles au désendettement. La croissance espérée (+2,5% par an en moyenne à partir de 2013) apporterait environ 100 milliards d’euros sur cinq ans, et 50 autres milliards proviendraient de la réduction des niches fiscales et sociales édifiées par la droite.
Comme il faut financer la réforme des retraites (50 milliards) que les socialistes ont promis en 2010, il ne resterait que 25 milliards d’euros, soit 5 milliards par an, pour financer les « mesures nouvelles », comme les 300 000 emplois d’avenir ou la prise en charge de la dépendance, l’allocation d’études, etc… C’est très peu. Rappelons que la loi TEPA inaugurale du règne de Nicolas Sarkozy en 2007 coûte 11 milliards d’euros par an à elle seule ! Il faudra donc procéder à des « redéploiements » de dépenses jugées « non prioritaires ». Michel Sapin ne cite qu’un exemple, mais de taille : la construction de 150 000 logements sociaux devrait ainsi être financée par le redéploiement d’une partie des crédits d’impôts accordés aux acquéreurs de logement. Tout à leur réforme de l’impôt sur les revenus, dont l’achèvement pourrait prendre plusieurs années, les socialistes font une impasse de taille en renonçant à revoir les taxes sur le patrimoine, comme l’ISF et les droits de succession.
Sur le salaire des patrons, la copie est à revoir. Les socialistes ont décidé de plafonner les salaires des chefs d'entreprises qui ne devront pas être supérieurs à 20 fois la plus petite rémunération de l'entreprise. Formidable. Hélas, seuls seront astreints les patrons des sociétés publiques. Une dizaine d'entre eux, certes prestigieux, verraient baisser sérieusement leurs rémunérations. Pas de changement, hélas, dans le secteur privé, hors la présence de salariés dans les comités de rémunération de sociétés cotées. Il faudrait que les socialistes comprennent que dans la lutte contre les dérives du capitalisme, le temps des mesures cosmétiques est définitivement passé.
La laïcité. Elle ne figure pas parmi les 30 propositions sensées incarnées les « priorités 2012 » du premier parti d’opposition. Et rien de rien non plus dans l’avant-propos qui accompagne ces 30 propositions, si ce n’est deux phrases sur la laïcité « pilier de notre République », la loi de 1905 devant « être protégée » et « les règles du vivre et de la neutralité dans l’espace public (…) respectées ». Le tout accompagné d’une citation de Jaurès — ça ne coûte rien — et emballé, c’est pesé ! Dans le document de travail daté du 30 mars que Marianne2 s’était procuré, il y en avait un peu plus. Mais le contenu n’en était pas moins affligeant : le PS envisageait alors l’adoption d’une « charte nationale de la laïcité, adossée à la Constitution ». Une charte qui n’aurait finalement pas apporté grand-chose, toute une batterie de textes sur le sujet existant déjà sur le sujet. Il suffit simplement de les faire appliquer. Peut-être que l’idée de l’UMP de doter le pays d’un « code de laïcité » ressemblant à leur charte a-t-elle refroidi les ardeurs socialistes ? Mais au moins, on se rassurera de ne pas voir les socialistes accoler dans leur projet un curieux adjectif au mot laïcité comme l’avait fait Nicolas Sarkozy (« laïcité positive ») ou comme l’a proposé plus récemment Eva Joly (« laïcité raisonnée »)…
Education nationale : rien de neuf. Evidemment, il était difficile d’attendre du PS qu’il prône la fin du collège unique, mais tout de même… En matière d’éducation, le projet 2012 manque cruellement d’ambition et de créativité. Car la plupart des mesures qu’il appelle de ses vœux, à l’image de la « refonte des rythmes scolaires » ou « l’utilisation de pédagogies différenciées », sont soit déjà en chantier, soit même déjà à l’œuvre. Reste la mesure qui sera retenu par les Français : le développement de la « scolarisation à 2 ans ». Si les mères de famille y trouveront un intérêt (pouvoir retrouver le chemin de l’emploi même en cas d’absence de place en crèche), quel sera le gain pour l’enfant ? Une année supplémentaire de sociabilisation ? C’est un peu court. Comme les propositions du PS en matière d’éducation...
LES POINTS FLOUS :
A propos de l’énergie nucléaire civile, les socialistes ont décidé de ne rien décider. Le programme se contente d’annoncer une sortie « de la dépendance du nucléaire et pétrole ». Dans le document de travail que s’est procuré Marianne2, on trouve deux objectifs : 23% d’énergie renouvelable en 2020. Rien de mieux que ce que la droite prévoit déjà de son côté. Et un autre : « 75% d’énergies renouvelable dans notre production d’électricité à l’horizon 2050 ». Ce qui signifierait le remplacement du nucléaire par l’éolien, le solaire ou autres. Les écologistes de EELV ne perdent pas espoir de faire évoluer le PS : « Il y aura d’autres discussions, chez eux, et avec nous pour parvenir à un contrat de législature », assure le député Yves Cochet. Le plus simple pour eux serait une candidature de Martine Aubry, seule à avoir pris position clairement pour une sortie du nucléaire en une quarantaine d’année.
C’est finalement l’ensemble du texte qui baigne dans un certain flou. Et pour cause, il a été conçu comme une simple « boîte à outils » dans laquelle le candidat du PS, quel qui soit, pourra puiser, mettant sur la table du banquet républicain qu’est l’élection présidentielle certaines mesures qui lui sont chères et remisant au cellier socialiste les plus gênantes. Sur la question du Smic, il est par exemple simplement indiqué que « durant la législature, [les socialistes procèderont] à un rattrapage du Smic que la droite a déconnecté de la hausse des prix », sans que ne soit jamais mentionné le moindre montant. On se souvient qu’à l’issue de la campagne de 2007, Ségolène Royal avait, elle, regretté que lui soit imposé par le parti un Smic à 1 500 euros. Certains verront donc dans ce flou généralisé une force (les socialistes, apaisés par cette synthèse consensuelle, ne s’étriperont pas, du moins pas de suite) ou une faiblesse (leurs adversaires, eux, ne manqueront pas de le faire remarquer au risque que ce flou socialiste ne vienne s’installer dans l’inconscient des Français-électeurs).
Gérald Andrieu et Hervé Nathan - Marianne
(dessin : Louison)
http://www.marianne2.fr/Forts-faibles-et-flous-le-projet-du-PS-en-trois-points_a204747.html
Faut - il limiter le salaire des patrons ?
07/04/2011 08:02 par rgrs
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Faut - il limiter le salaire des patrons ?
07/04/2011 08:02 par rgrs
Dans sa chronique pour Radio Nova, Guillaume Duval juge que la proposition du Parti socialiste de limiter les hauts salaires dans les entreprises aidées par l'Etat va dans le bon sens mais reste bien timide.
Le Parti socialiste présente son projet pour 2012. Il prévoit notamment de plafonner les salaires des dirigeants d'entreprises où l'Etat est présent en imposant un écart maximal de 1 à 20 entre les salaires. Qu'en pensez-vous ?
Que c'est une proposition bien timide. Dans la grande majorité des pays développés il existe des salaires minimum. C'est le cas en France et dans 21 des 27 pays de l'Union européenne mais aussi aux Etats-Unis, en Chine… On s'est rendu compte en effet que le marché du travail, laissé à lui-même, aboutissait à des salaires qui ne permettaient pas de vivre.
Mais pour l'instant il n'existe pas de mécanisme similaire pour les hauts salaires.
Non. Mais pendant la crise tant Barack Obama que le gouvernement allemand avaient déjà plafonné les salaires des dirigeants des entreprises aidées par l'Etat, ce qui n'avait pas été le cas en France. Sur le fond la même logique vaut pourtant pour le haut de la hiérarchie que pour les bas salaires: laissés à eux-mêmes, les mécanismes de marché ne permettent visiblement pas de déboucher sur des salaires correspondant à des niveaux acceptables socialement et justifiables économiquement. Au titre de 2009, année où leurs rémunérations ont été exceptionnellement basses, un patron du CAC 40 a touché en moyenne 3,06 millions d'euros soit 173 Smic et 7 d'entre eux ont touché plus de 240 Smic annuels. Qui peut croire sérieusement qu'une seule personne puisse créer plus de richesses que 240 autres, quelles que soient son intelligence et sa capacité de travail ? On assiste purement et simplement à de la prédation : les dirigeants profitent de leur position de force dans le système institutionnel des grandes entreprises pour s'attribuer des revenus excessivement élevés.
Cela fait longtemps qu'on dénonce cet état de fait et le MEDEF a mis en place un code de conduite pour y mettre bon ordre…
Plusieurs mêmes depuis 15 ans, mais force est de constater qu'ils restent sans effet : les rémunérations des patrons ne reviennent pas à des niveaux socialement acceptables. Avant la crise, de tels écarts étaient déjà difficilement tolérables mais ils deviennent insupportables au moment où on demande aux salariés ordinaires de se serrer la ceinture pour rembourser les milliards injectés pour sauver les banques. Ce n'est pas simplement d'ailleurs une question de justice sociale, c'est aussi une affaire d'efficacité économique : comment mobiliser les salariés au sein d'une entreprise quand ils ont - légitimement - le sentiment que leur patron est toujours en train de partir avec la caisse ?
La proposition des socialistes irait donc dans le bon sens…
Oui, mais elle reste extraordinairement timide : pourquoi se limiter aux entreprises où l'Etat est présent dans le capital ? L'intervention de l'Etat sur un tel sujet serait légitime dans toutes les entreprises, comme pour le salaire minimum.
Mais vous allez faire fuir les entreprises…
Pour cette raison on serait obligé en effet de fixer au départ un plafond très élevé. Mais si un pays comme la France prenait une telle initiative, la pression serait, dans le contexte actuel, très forte pour que d'autres adoptent très rapidement des mesures similaires. Par ailleurs on discute actuellement d'un pacte pour l'euro. Celui-ci prévoit notamment une surveillance des salaires pour éviter les dérapages au sein de la zone euro, pourquoi ne pas y inclure aussi un plafonnement commun des salaires des patrons ? Il n'y a aucune raison en effet que les salariés du bas de l'échelle soient les seuls à se serrer la ceinture…
Guillaume Duval
Le rideau de fumée du «panier des essentiels» de Frédéric Lefebvre !
07/04/2011 07:53 par rgrs
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Le rideau de fumée du «panier des essentiels» de Frédéric Lefebvre !
07/04/2011 07:53 par rgrs
Pouvoir d'achat le retour ! C'est le message que veut faire passer Frédéric Lefebvre en lançant avec les grandes surfaces un « panier des essentiels ». Problème : Il s'agit d'un panier virtuel, sans réelle contrainte pour les distributeurs.
S'étant débarrassé en quelques heures du débat sur la laïcité, le gouvernement veut maintenant embrayer sur un des promesses légendaires du Président : Le Pouvoir d'achat ! Et il faut dire qu'il y a urgence puisque des prix de l'énergie en passant par le prix des matières premières, les français commencent à trouver le temps long et difficile !
Si du côté de l'énergie, il faudra se contenter de mesurettes. L'association Familles rurales faisant remarquer, à juste titre, que pour le gaz : « (...) il ne s'agit que d'un report (...) Et qu'en ce qui concerne le barème kilométrique, cela ne concerne : (...) que les ménages soumis à l'impôt sur le revenu (...) et par conséquent : (...) ne vaut pas pour les ménages modestes (...) Elle rappelle que le prix des carburants : (...) se compose à 50% de taxes (...) » qui bien entendu semblent intouchables ! -Libération Le point le plus important en termes de pouvoir d'achat reste les augmentations des prix alimentaires annoncées fin mars, par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). En effet : « (...) les prix des farines devrait progresser en moyenne de 15 à 20%, celui des pâtes alimentaires de 5 à 10%, le café de 10 à 20% et le beurre de 4 à 8% (...) Le prix de l'huile devrait augmenter de 5 à 8%, celui du fromage de 2 à 4%, le pain de 5 à 7% et les biscuits entre 3 et 10% (...) » - Le Parisien Dans la mesure où le gouvernement ne souhaite ni ne peut augmenter les salaires, c'est là que Frédéric Lefebvre, notre ministre, grand adorateur de Zadig et Voltaire dégaine son « panier des essentiels»
Panier des essentiels, Kesako ?
Selon Challenge : « (...) Depuis trois mois, le secrétariat d'Etat à la consommation négocie avec toutes les grandes enseignes de distribution sur une opération de sélection de produits à la fois de qualité, bons pour la santé et très accessibles financièrement. Tous les distributeurs ont joué le jeu. Le 6 avril chacun sera en mesure de dévoiler une liste d'une vingtaine de produits comprenant au moins de la viande, du poisson, des fruits et légumes, des produits transformés, des produits laitiers et une boisson. Un logo commun à tous ces articles permettra de bien les identifier (...) »
Ce qui se traduirait dans les faits, nous dit 20Minutes , de la façon suivante : « (...) l’enseigne Carrefour a déjà fixé les produits de son panier, qui seront repérables par un logo. Il devrait contenir deux viandes d’origine française, un poisson, des pommes de terre, carottes, courgettes et orange ou encore une baguette, un pot de fromage blanc, et un litre de jus d’orange. Le tout pour 19 euros (...) »
Les Echos se veulent plus précis : « (...) ce panier sera à géométrie variable selon les enseignes. Seules contraintes pour les Auchan, Carrefour (...) proposer une sélection comprenant au minimum 10 produits alimentaires - des produits frais et éventuellement des produits transformés (...) Une sélection qui devra, théoriquement, être renouvelée chaque semaine et qui mettra en avant les produits de saison et l'équilibre nutritionnel. Le tout à des prix attractifs (...) » Mais, ajoutent Les Echos : (...) sans obligations précises, ni plafond (...) »
Ce qui fait dire à un distributeur qui s'est confié aux mêmes Echos : « (...) C'est ni plus ni moins qu'un prospectus ou une liste (...) Un panier virtuel puisque les enseignes ne sont pas tenues de rassembler physiquement les articles (...) » Une chasse aux oeufs en chocolats, comme le pratiquent les enfants à Pâques, en quelque sorte !
Du côté des associations de consommateurs qui, et c'est le plus étonnant n'ont pas été invités ou associés au contenu du panier. On décrypte l'initiative de la façon suivante : « (...) Nous craignons que ce panier, qui ne comporte qu’une dizaine de produits, ne soit au contraire une manière de détourner l’attention des consommateurs des autres produits dont les prix, eux, augmentent de manière injustifiée », déplore-t-on à l’UFC-Que choisir (...) Les arguments de Famille rurale ne sont pas moins intéressants : (...) comme cette charte n’est pas contraignante pour les distributeurs, on jugera sur pièce. » -Le Parisien Maintenant, reste à savoir de quelle qualité seront les produits, quelle en sera la provenance et s'ils connaîtront des pénuries imprévues ? En tous cas, la limitation de leur nombre en fera des produits d'appels, pour les distributeurs qui, pourront vendre sans le moindre problème, tous les autres ... à prix majoré !
En clair, un nouveau coup de communication de la part de Frédéric Lefebvre, excellent lobbyiste de métier, mais qui ne peut dissimuler l'échec du Président, de son gouvernement et de sa majorité en termes de pouvoir d'achat !
Pendant les bombes et les révolutions, l'Euro poursuit son implosion avec le Portugal
07/04/2011 07:45 par rgrs
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Pendant les bombes et les révolutions, l'Euro poursuit son implosion avec le Portugal
07/04/2011 07:45 par rgrs
Voilà, l'annonce a été faite, d'abord dans un entretien au site Internet du quotidien "Jornal de Negocios", par le Ministre des finances Fernando Teixeira, puis confirmée dans la soirée par le Premier Ministre par interim, après la Grèce et l'Irlande, le Portugal va devoir faire appel à l'aide européenne.
Il convient de relever à ce stade deux choses :
D'abord que cette annonce a été démentiejusqu'au milieu de l'après-midi, sans abuser personne. Il y a là une vraie réflexion à mener sur l'utilité et la pertinence d'une parole publique aussi décalée des réalités (il faut préciser que les démentis qui se succèdent depuis des mois sur le Portugal et ailleurs en Europe n'ont aucun effet sur les marchés).
Ensuite, cette annonce est donc une confirmation évidente que la succession des crises définies depuis maintenant plus d'un an par certains, et niées jusqu'à l'évidence par les pseudo économistes spécialistes est en train de se réaliser.
Tout le monde le sait, personne ne veut le reconnaître, personne ne fait rien contre et donc rien ne change.
La Grèce, puis l'irlande, puis le Portugal.
Le prochain sur la liste ? Il est déjà désigné, c'est l'Espagne. Un gros morceau autrement plus dangereux pour l'équilibre global de l'Europe.
Et ensuite ? Il y avait l'Italie mais la France et le Royaume-Uni, avec leurs engagements militaires dispendieux, me paraissent maintenant s'approcher dangereuseemnt d'une zone de turbulence que nos dirigeants refusent de faire disparaître, alors qu'ils en ont le pouvoir et la capacité.
Combien de pays, de chômeurs, de fermetures d'usines, de délocalisation, de pauvreté, d'émeutes faudra-t-il pour qu'ils comprennent ?
A voir le programme annoncé par le Parti socialiste, qui évite soigneusement les questions essentielles et les solutions nécessaires pour des demi-mesures et des actions à la marge, on est loin du compte !
A lire le dernier ouvrage de Minc sur l'Europe, "petit coin de paradis" (pour lui peut-être) il est évident qu'il faudra bien plus et bien pire pour que les choses changent dans l'esprit de nos élites autistes et auto-convaincues de leur impuissance.
Par Verdun