Bilan des élections cantonales pour les écologistes (hors EELV)

07/04/2011 07:41 par rgrs

  • Bilan des élections cantonales pour les écologistes (hors EELV)

    Bilan des élections cantonales pour les écologistes (hors EELV)

    07/04/2011 07:41 par rgrs

Les résultats détaillés (tris et calculs personnels):

nuance candidats voix % (1) % (2)
Cap21 (3) 26 16.660 0,18 10,47
GE (4) 10 2.171 0,02 3,20
AEI 16 3.339 0,04 3,74
MEI (5) 2 1.610 0,02 16,77
LT-NEHNA 14 3.460 0,04 3,20
MHAN 4 489 0,01 1,46
RE 1 62 0,00 1,08
PPLD 10 468 0,01 1,10
BE (6) 1 1.085 0,01 16,31
AE 2 220 0,00 5,18
LV 3 415 0,00 3,24
divers 23 10.593 0,12 9,97
Total 112 40.572 0,44  
(1) moyenne nationale
(2) moyenne sur les cantons présents
(3) Y compris les candidats Cap21 soutenus par EELV
(4) Y compris les candidats GE soutenus par le MoDem
(5) Dont un candidat MEI soutenu par EELV
(6) Soutenu et avec remplaçante PS

 

GE - Génération Écologie
AEI - Alliance Écologiste
MEI - Mouvement Écologiste Indépendant
LT-NEHNA - Le Trèfle - Les Nouveaux Écologistes Homme, Nature, Animaux
MHAN - Mouvement Homme, Animaux, Nature
RE - Renouveau Écologique
PPLD - Parti Pour La Décroissance
BE - Bretagne Écologie
AE - Ajaccio Énergie
LV - Ligue Verte (Val-de-Marne)

 

Les élus:

nuance département canton élu sortant
Cap21 (1) Haut-Rhin Huningue Max Delmond non
divers (2) Alpes-Maritimes Grasse-Sud Jean-Raymond Vinciguerra oui
(1) Cap21 soutenu par EELV, le PS et le MoDem
(2) Divers écologiste avec soutien EELV et PS
Laurent De Boissieu
 

« Ni les hurlements du FN, ni le déni de la gauche »

07/04/2011 07:31 par rgrs

  • « Ni les hurlements du FN, ni le déni de la gauche »

    « Ni les hurlements du FN, ni le déni de la gauche »

    07/04/2011 07:31 par rgrs

Les ni-ni façon Copé

Interview de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP

Causeur : Le débat sur la laïcité a été très critiqué à gauche mais aussi à droite. Pensez-vous que maintenant, le climat va s’apaiser ?

Jean-François Copé : L’excellente tenue du débat va calmer ceux qui critiquaient notre démarche. Mais les réactions qu’il a suscitées sont révélatrices des postures des uns et des autres. La gauche et le Front National vont devoir prendre leurs responsabilités : nous, nous nous attaquons aux problèmes. L’extrême droite, elle, prétend que tout est dans la loi et qu’il est inutile de faire de nouvelles propositions.
La gauche, de son côté, ne va pas pouvoir continuer à nier que la laïcité est un sujet politique qui intéresse au plus haut point nos concitoyens et refuser en permanence la discussion. Le PS va devoir trancher entre les laïcs façon Glavany et ceux qui cèdent aux pressions communautaristes comme Martine Aubry. Il faut tout de même rappeler que, dans sa ville, elle avait accepté d’instaurer des créneaux séparés dans les piscines pour tenir compte des religieux qui refusent la mixité.

Causeur : Que le sujet intéresse les Français, soit. Fallait-il organiser à la va-vite une telle réunion sur des questions sensibles qui heurtent nombre de citoyens ?

JFC : Ce débat est le fruit d’un gros travail. Il nous permet surtout d’apporter des réponses concrètes aux problèmes concrets posés aujourd’hui par l’application d’une loi fondatrice, mais qui date de 1905. En juin, nous déposerons une proposition de résolution à l’Assemblée nationale. C’est le meilleur antidote aux hurlements du FN et au déni de la gauche.

Causeur : Vous allez donc toucher à la loi de 1905 ?

JFC : Non, il n’y a pas lieu de modifier la loi, ni de la remettre en cause. Nous allons simplement procéder à des ajustements pour qu’elle prenne en compte les comportements nouveaux qui posent des problèmes nouveaux dans les services publics, les écoles, les crèches, les entreprises ou les hôpitaux. Cette résolution parlementaire formera, à partir de nos 26 propositions, le point de départ d’un Code de la laïcité qui permettra de définir, clairement et pour tous, les bonnes pratiques.

Causeur : Pensez-vous qu’en aidant le financement des mosquées, on mettra fin aux prières de rue ?

JFC : Ce n’est pas lié mais il nous paraît important de trouver de nouveaux moyens de sécuriser et de faciliter le financement des lieux de culte. L’idée est simple, les représentants du CFCM (Conseil français du culte musulman) nous ont expliqué qu’ils n’avaient pas de difficultés pour recueillir le denier du culte auprès des fidèles, mais qu’ils ont besoin d’aide pour acheter les terrains et assurer les montages financiers de la construction de lieux de culte. À travers la souscription de baux emphytéotiques et l’ouverture de garanties d’emprunts par les collectivités locales, les projets devraient être plus simples à monter. De plus, en créant des associations, nous allons pouvoir assurer une meilleure traçabilité des fonds qui seront récoltés auprès des fidèles. Quant à la prière de rue en tant que telle, c’est un problème d’ordre public qui doit être résolu par le ministère de l’Intérieur. Cela dit, vous savez très bien que ce problème concerne trois rues et qu’on peut alimenter tous les fantasmes en en faisant un enjeu global.

Causeur : Ce n’est pas simplement un problème d’ordre public. L’islam de France que vous proposez, une partie des musulmans n’en veut pas comme à Epinay sur Seine ou à Drancy. Que fait-on dans ce cas-là ?

JFC : La laïcité, ça marche dans les deux sens. Ce n’est pas aux religieux d’organiser la vie de la Cité, mais ce n’est pas non plus aux politiques d’organiser les religions. Dans cette logique, l’organisation de l’islam de France dépend d’abord des musulmans eux-mêmes. C’est à eux de faire le travail pour s’assurer que l’exercice de leur culte respecte les règles de la République, par exemple l’égalité entre les hommes et les femmes ou la liberté de conscience, notamment le droit de ne pas pratiquer, de ne pas avoir de religion ou de changer de religion. Dans leur immense majorité, les Français de confession musulmane ont fait cet exercice : ils savent bien qu’on ne pratique pas de la même façon sa religion en Asie, au Maghreb, en Afrique noire ou en Europe. Des courants fondamentalistes s’opposent à ce mouvement en mélangeant ce qui relève de la religion, de la société et du pouvoir politique. Ma responsabilité n’est pas de les contester sur le terrain religieux ou théologique, il est de faire respecter la loi de la République avec justice et sérénité, et de la clarifier quand cela est nécessaire. Nous l’avons fait concernant le port du voile intégral. Et nous allons le faire à la suite de ce débat qui nous a permis de formuler 26 propositions concrètes.

Causeur : Vous pensez donc qu’il y a plus de motifs de se réjouir que de s’inquiéter ?

JFC : À l’encontre des visions catastrophistes, je suis assez serein sur l’évolution des choses. Il est normal que ce travail prenne un peu de temps pour l’islam de France comme il a pris du temps pour d’autres religions dans l’histoire de notre pays. La seule condition pour que cela marche, c’est que le politique ne tremble pas face aux extrémistes et qu’il reste ferme sur le respect des valeurs de la République, même quand il y a des tensions ou des provocations. Voilà pourquoi je regrette tant les ambiguïtés ou les lâchetés de certains responsables politiques.

Causeur : Toutes ces mesures vont-elles apaiser les dignitaires religieux qui se sont élevés il y a peu de temps dans une tribune commune contre ce débat ?

JFC : Les communautés ne craignent pas la discussion, elles craignent la stigmatisation. Et notamment celle des fidèles musulmans, puisque tout le poids pèse sur eux. Il faut éviter les caricatures, c’est dans cet esprit que j’ai écrit, à la demande d’un hebdomadaire, ma « lettre à un ami musulman », pour expliquer notre démarche et éviter qu’elle soit déformée. Un certain nombre de personnalités politiques sont tombées dans ce piège de la stigmatisation et ont tout fait pour nous interdire de discuter. Mais à droite, les choses se calment. Car nous sommes tous d’accord pour lutter contre tous ceux qui, de part et d’autre, veulent à tout prix instrumentaliser la religion et la laïcité à des à des fins politiques. C’est tout le contraire du sens de notre action. Nous venons de le montrer.

Muriel Gremillet et Cyril Bennasar

photo : UMP

Débat sur l'Islam: Sarkozy a-t-il perdu sa clientèle musulmane?

07/04/2011 07:25 par rgrs

  • Débat sur l'Islam: Sarkozy a-t-il perdu sa clientèle musulmane?

    Débat sur l'Islam: Sarkozy a-t-il perdu sa clientèle musulmane?

    07/04/2011 07:25 par rgrs

Nicolas Sarkozy voulait séduire ce qu'il pensait être la « communauté musulmane ». Le débat de l’UMP sur la place de l’Islam a au contraire entraîné une rupture. Sa démarche clientéliste et communautariste n'a pas fonctionné malgré de nouvelles tentatives.

A sa clientèle conservatrice, Nicolas Sarkozy a vendu son « immigration choisie » et son Kärcher. Résultat, l’insécurité augmente et les fondements de sa politique migratoire tombent un à un. A sa clientèle dite «musulmane», il a vendu le « préfet musulman », le CFCM et l’Islam de France. Cette démarche communautariste classant les Français selon leur religion ou leurs origines, est typique du sarkozysme. Pour ce faire, il cherche à séduire des prétendus représentants d'une communauté pour les intitutionnaliser. Tant pis, si la dite communauté n’a pas le poids qu'on lui prête. et si parler d'une « communauté musulmane » assigne une identité à des gens qui se sentent avant tout français.

Ces relations avec l'Islam officiel
étaient justement un des enjeux du débat sur l’Islam (ou sur la laïcité) organisé par l’UMP et annoncé par Nicolas Sarkozy. Reste à savoir si les officiels concernés allaient venir à la table des débats. Ce qui les mettait face à un dilemme : accepter un strapontin autour de la table quitte à acter une récupération politique ou rester digne en refusant d’être la caution d’un débat susceptible d’entraîner toutes les surenchères possibles.  

D’où les tergiversations de la Grande Mosquée de Paris comme l’a montré le blog Hexagone de Libération.fr. Le 10 mars, le recteur Dalil Boubakeur a, dans un premier temps, refusé de se rendre à un débat « qui n'a pas lieu d'être ». Deux jours plus tard, après une rencontre avec Jean-François Copé, la Grande Mosquée a dit vouloir « apporter une contribution constructive à ce débat sur la laïcité, principe fondamental de la République cher à tous les citoyens français, et particulièrement ceux de confession musulmane ». Dernier épisode le 23 mars avec un communiqué annonçant que la Grande Mosquée « décline l’invitation qui lui a été réitérée de participer à ce débat de nature politique qui alimente un fort sentiment de stigmatisation ».
Dilemme Kouchnérien

Même ambiguïté du côté du CFCM. Le Conseil a pendant longtemps refusé de condamner directement la tenue du débat. Tout juste, le 4 mars, le CFCM se contentait de faire part de son « inquiétude » au sujet des dérives du débat : « Les conditions d'un débat serein autour d'un principe aussi fondamental que la laïcité ne soient pas réunies » Le 10 mars, Abdallah Zekri, chargé de mission au CFCM et par ailleurs président de la Fédération de la Grande Mosquée de Paris dans le Sud-Ouest, a déchiré sa carte de membre de l’UMP devant les caméras, un joli coup médiatique.

Le 16 mars, malgré une rencontre avec Claude Guéant, le Conseil a
finalement annoncé son boycott du débat et dit avoir fait part au ministre « de la vive inquiétude des musulmans de France et de sa crainte, dans ce contexte sensible, de voir ce débat ouvrir grandes les portes des dérives et des malentendus, à l’instar de celui sur l’identité nationale ». Le CFCM a toutefois souligné les « propos rassurants » du ministre de l'Intérieur. Dénoncer les dérapages d’un côté, s’assurer de bonnes relations avec le pouvoir de l’autre, la position du CFCM est décidément difficile à tenir.

Le 15 mars, également reçu par Claude Guéant, Dalil Boubakeur avait été
tout aussi bienveillant avec le ministre. « Nous sommes à 200% avec le ministre : il a vidé le débat de ses questions épineuses ou qui pouvaient prêter à polémique », a annoncé le recteur saluant « une position de sagesse, une position très forte qui répond aux questions posées épisodiquement à la communauté musulmane ». Durant la rencontre, Claude Guéant avait affirmé, revenant sur les déclarations de Nicolas Sarkozy, qu’il est 

«constitutionnellement impossible» d’interdire les prêches en arabe.
Séduction

Peu après ces rencontres avec ces officiels de l'Islam, le ministre de l’Intérieur créait la polémique en déclarant, sur Europe1, que « Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale ». Plus récemment, la polémique est repartie quand le ministre a lancé, au sujet de l’Islam : « Cet accroissement du nombre de fidèles et d’un certain nombre de comportements posent problème ».

Sos Racisme et le Mrap ont naturellement porté plainte contre le ministre pour ses derniers propos. Mais le CFCM et la Grande Mosquée de Paris ont gardé le silence. Comme lorsque Brice Hortefeux avait de ses fameux « Auvergnats », la Grande Mosquée et le Conseil avaient refusé de se joindre aux poursuites lancées par Sos Racisme et autres. Certes, des instances religieuses n’ont pas vocation à prendre la place d’associations anti-racistes. Mais ces instances savent bien qu’une plainte les mettrait en porte-à-faux vis-à-vis du pouvoir. A l’inverse, garder le silence leur permet de conserver leur strapontin à la grande table quitte à servir d’alibi contre les accusations de dérapages xénophobes ou racistes.

Car derrière ces affichages avec des officiels musulmans et plus encore derrière la volonté de construire un Islam de France, Nicolas Sarkozy cherche à séduire une clientèle électorale. Mais le débat sur laïcité a peu pour effet pervers de le couper d’une certaine élite communautaire, d’hommes de réseaux prêt à jouer les lobbyistes. En janvier, le chef de l'Etat avait d’ailleurs
nommé comme conseiller « à l’intégration » Abderramane Dahmane, chargé en réalité de gérer les relations avec les communautés (ou clientèles) étrangères. Dahmane sera limogé deux mois plus tard après avoir comparé « l’UMP de Copé » à une « peste pour les musulmans » suite au lancement du débat sur l'Islam et évoquera même la « poignée de néo-nazis » au sein du parti présidentiel et à l'origine du débat.

Récupération

Joint par Marianne2, Abderramane Dahmane confirme sa rupture avec le chef de l’Etat. « J’ai l’intention de faire une campagne ville par ville contre lui » affirme-t-il. L’ex-conseiller est particulièrement offensif contre Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP : « Si Nicolas Sarkozy garde son alliance avec Copé, aucun musulman, aucun africain ne votera pour lui ». Pourtant, lorsqu’il est arrivé  au service de Nicolas Sarkozy en 2003, Abderramane Dahmane était tout à fait disposé à jouer les chargés de clientèle pour le ministre de l’Intérieur puis le chef de l’Etat : « J’ai crée des comités de soutiens. A chaque meeting, il y avait un certain nombre de musulmans ». 

Mais le débat sur la laïcité mais également le discours de Grenoble l’ont finalement fait basculer : « Je fais une différence entre le Nicolas I à partir de 2003 et le Nicolas II à partir de 2010 », explique-t-il. Pour contrer le débat sur l’Islam de l’UMP, Dahmane était d’ailleurs présent
à un rassemblement mardi à Paris, portant une étoile verte en signe de protestation. « Ces gens-là vont se manifester avec leur bulletin de vote », commente, Abdallah Zekri, le dirigeant du CFCM qui avait déchiré sa carte de l’UMP, contacté par Marianne2. Il estime également que « le débat sur la laïcité a éveillé beaucoup de consciences » parmi les musulmans.

Pour autant, à droite, l’idée d’une captation d’un vote « musulman » n’a donc pas disparu, quitte à créer de toute pièces une élite musulmane prêter à jouer les passerelles. Peu après le renvoi de Dahmane, l’UMP  a lancé «
l’Union des Français musulmans », créant en même temps une polémique sur l’utilisation du terme «franco-musulmans». Une démarche clientéliste qui montre qu’à l’UMP, l’électeur n’est plus vu comme un Français à part entière mais avant tout comme un musulman, un maghrébin ou un beur et surtout comme un nigaud.

Tefy Andriamanana - Marianne

 

On aura tout vu, même Rocard protectionniste!

06/04/2011 17:27 par rgrs

  • On aura tout vu, même Rocard protectionniste!

    On aura tout vu, même Rocard protectionniste!

    06/04/2011 17:27 par rgrs

Dans une interview au parisien, l'ancien Premier ministre approuve le passage du programme du PS sur les écluses, un autre mot pour désigner le protectionnisme auquel il s'est toujours opposé.


Qui prétend que le raidissement rime avec le vieillissement ? C’est avec une grande fraicheur d’esprit que Michel Rocard nous annonce cette semaine sa conversion au … protectionnisme. C’était en réaction au projet socialiste, à l’occasion d’une interview parue dans le Parisien  : « Le libre-échange intégral est fini, il a fait trop de dégâts. La Chine et l’Inde sont capables de produire tout ce que nous fabriquons. Et, comme leurs coûts sont moindres, c’est tous nos emplois industriels qui sont menacés. Personne ne peut le tolérer. »
On aurait aimé que l’inventeur du parler vrai nous explique ce changement de pied qui date seulement de quelques semaines. Pourquoi tous ceux qui défendent l’option d’un protectionnisme européen depuis des années (Jean-Luc Gréau, Hakim El Karaoui, Emmanuel Todd, etc) se font traiter depuis dix ans de tous les noms d’oiseaux, ringards, passéistes, nationalistes, voire lepénistes ? Pourquoi ce protectionnisme, qualifié de repli sur soi, devient brusquement une option raisonnable ? Le libre-échange des années 2010 est-il devenu plus féroce que celui des années 1990 ou 2000 ? Le différentiel entre le coût du travail chinois ou indiens et celui en vigueur sur le continent européen –t-il été accentué en défaveur des Européens ? 
Non ce qui est passe est plus prosaïque : un nombre croissant de libre-échangistes se rendent compte de l'erreur des économistes qui, tels Daniel Cohen, nous annonçaient voici dix ans que le transfert de l'industrie dans les pays émergents était une bonne chose dès lors que les pays développés gardaient la main sur l'économie de l'intelligence et des services. Aujourd'hui, chacun reconnaît que l'économie post-industrielle est une illusion et qu'il n'y a pas de croissance durable robuste sans industrie tonique.  
En réalité, si l’option protectionniste est abordée dans le projet du PS, la synthèse entre les différents courants - Seuls Hamon et Montebourg défendent le protectionnisme européen - y a ajouté une bonne dose d’imprécision, voire d’incohérence. Retournons au texte : « En cas d’échec durable des négociations sur les normes dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), nous augmenterons les droits de douane au niveau européen sur les produits ne respectant pas les normes internationales en matière sociale sanitaire ou environnementale, le temps nécessaire pour que celles-ci soient respectées. Oui à l’Europe ouverte, non à l’Europe offerte ! Dans la mondialisation, la France et l’Europe doivent défendre des valeurs, elles doivent aussi défendre leurs intérêts. »
Le projet en reste donc au niveau des intentions qui ne gênent pas grand monde : comme l’Allemagne et les pays qui suivent ses orientations sont  farouchement opposés à toute écluse européenne, il faudra bien dire aux électeurs français les mesures à prendre pour préserver la compétitivité de nos entreprises. Le choix se rétrécit drastiquement : comme un protectionnisme national serait peu efficace aujourd’hui, sauf de façon très sectorielle (la France n’a pas la taille requise) il faudrait alors envisager une sortie, si possible groupée de l’euro, ou bien la création de deux euros, comme il a été expliqué dans Marianne. Rocard, Aubry et tous les autres, encore un effort pour devenir cohérents!

Philippe Cohen - Marianne

Un Coran brûlé en Floride, 15 civils tués en Afghanistan

06/04/2011 17:23 par rgrs

  • Un Coran brûlé en Floride, 15 civils tués en Afghanistan

    Un Coran brûlé en Floride, 15 civils tués en Afghanistan

    06/04/2011 17:23 par rgrs

Deux semaines après l'autodafé d'un exemplaire du Coran par un pasteur intégriste américain, les violences contre les civils étrangers et les manifestations contre la présence militaire américaine se multiplient en Afghanistan. Déjà, une quinzaine de personnes auraient été tuées et l'anti-américanisme ne cesse de monter. De quoi compliquer la tâche des Américains, bien loin d'avoir gagné le coeur des afghans.


Un exemplaire du Coran brûlé par un pasteur bien allumé et c’est tout un pays qui s’embrase.
C’est le dimanche 20 mars que le pasteur intégriste Terry Jones, qui avait annoncé il y a 6 mois qu’il mettrait le feu à 200 exemplaires du Coran a mis sa menace à exécution. Il aura suffi d'un seul livre brûlé en public dans le bâtiment religieux de Gainsville où il prêche pour que le feu prenne en Afghanistan. 

Accusant le livre sacré de l’Islam d’être responsable des attentats du 11 septembre, le pasteur a jugé devant un tribunal inquisitorial le Coran « coupable »  de «  cinq crimes contre l’humanité  parmi lesquels la promotion d’actes terroristes, la mort le viol, la torture de personnes dont le seul crime est de ne pas être de confession islamique ».

Pour parvenir à son but, le pasteur avait au préalable fait tremper le livre sacré dans du kérosène pendant une heure, avant d'y mettre le feu dans un plateau de métal, devant quelques dizaines de spectateurs venus se faire prendre en photo. Une mise en scène parfaite pour enflammer la sphère médiatique américaine qui s'est aussitôt amourachée de l'insignifiant olibrius, intronisé « pasteur pyromane ».

Un geste condamné et jugé irresponsable par l'ONU qui l'a rapidement fait savoir dans un communiqué : «Les récentes paroles et actes du pasteur Terry Jones de Gainsville sont offensants et dangereux dans la mesure où ils expriment la haine religieuse, ainsi qu'un manque de respect volontaire envers les Musulmans ».
Un geste qui accroît l'anti-américanisme

L'étincelle a aussi mis le feu aux poudres dans les plus hautes instances militaires américaines. Pour le général Petraeus, commandant des forces internationales dans le pays, l’initiative du pasteur complique, en effet, la mission américaine en Afghanistan et crée de nouveaux dangers pour les soldats. C'est que le geste provocateur du pas très lumineux pasteur a généré des troubles faisant au moins une quinzaine de morts en Afghanistan. « Il résulte (de cet acte) un défi sécuritaire supplémentaire qui s'ajoute à ceux déjà considérables auxquels (les forces) font face dans ce pays »  a ajouté le général Petraeus sur le site du Wall Street Journal.

Cinq personnes ont trouvé la mort samedi à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, au deuxième jour de manifestations violentes. La veille, à Mazar-e-Sharif dans le nord du pays, sept employés étrangers de l'antenne locale des Nations unies avaient été tués par la foule. Et des centaines de blessés. Encore ce mardi, plusieurs centaines de manifestants s'étaient rassemblés à l'Université de Kaboul, aux cris de « Mort à l'Amérique, mort aux soutiens de l'Amérique en Afghanistan », «Nous voulons que celui qui a brûlé le Coran soit jugé », et portaient des banderoles affichant des slogans anti-Américains. Selon le correspondant du Figaro, toutes les protestations ont été « largement encouragées par les mollahs au cours de leur sermon hebdomadaire ».

Interrogé par l’AFP, Terry Jones s’est dit « dévasté » par la mort de ces 12 personnes mais ne se sentait en rien responsable de ces violences.

Une sortie de crise de plus en plus complexe à gérer

Sur le terrain, les Américains se seraient bien passés de cet embrasement. Loin d’être très populaires auprès de la population afghane, l’autodafé du Coran n’a fait qu’envenimer la situation.
L’anti-américanisme atteint des niveaux records, au point de compliquer le transfert de responsabilités des forces occidentales vers les populations autochtones qui doit commencer en 2014.

Pourtant les premières déclarations du président d’Hamid Karzaï vont plutôt dans le sens inverse tant l’envie de voir les soldats quitter le sol afghan gagne les populations : « Le peuple d'Afghanistan n'a plus envie de voir d'autres (que lui) défendre le pays à sa place » a déclaré le président afghan après la publication
par le journal allemand Der Spiegel de photos de soldats américains accusés d’avoir tuer des civils afghans « pour s’amuser ». A l'évidence, « en tuant pour s'amuser », nos joyeux boy's font preuve de bien plus de prudence que l'illuminé pasteur...

Journaliste indienne basée à Kaboul, Aunohita Mojumdar analyse la montée de  cet anti-américanisme en Afghanistan : « les experts étrangers estiment que l'armée afghane et les autres structures gouvernementales qui ont mission d'assurer la sécurité du pays ne sont actuellement pas prêtes à prendre le relais dans la lutte contre les insurgés islamistes. Le risque majeur, si cette dynamique se poursuit, est que l'anti-américanisme finisse par obscurcir le jugement du gouvernement de Kaboul, au point qu'il en vienne à renforcer la position stratégique des talibans ».

La sortie de crise en sera d’autant plus difficile à gérer pour les Américains, qui malgré les milliards dépensés, auront plus marqué les esprits par leurs méfaits de guerre que par leur capacité à apaiser les tensions, installer des institutions politiques, renforcer les autorités locales ou mettre en place un système judiciaire. A côté de ça, les quelques poussées de fièvre délirantes d'un pasteur en mal de notoriété n'auront été qu'un feu de paille...


Régis Soubrouillard - Marianne

http://www.marianne2.fr/Un-Coran-brule-en-Floride-15-civils-tues-en-Afghanistan_a204739.html

OGM : l’Union Européenne au service de Monsanto

06/04/2011 17:17 par rgrs

  • OGM : l’Union Européenne au service de Monsanto

    OGM : l’Union Européenne au service de Monsanto

    06/04/2011 17:17 par rgrs

OGM : l’Union Européenne au service de Monsanto

L’affaire de la commercialisation du maïs Monsanto vient de connaître un nouveau rebondissement : après l’échec de la tentative de la Commission Européenne pour interdire son interdiction, la multinationale reprend son combat avec l’aide de la Cour de Justice Européenne.

L’UE contre les Etats et les peuples

Il y a un très large consensus dans les pays européens et au sein des gouvernements pour ne pas autoriser la culture des OGM. Si on peut comprendre les regrets des scientifiques, le principe de précaution est tout de même recevable. Il y a suffisamment de littérature soulignant les dangers à long terme de certaines innovations scientifiques pour n’autoriser que très progressivement l’utilisation de ces nouvelles technologies, après des tests sérieux.

Mais malgré l’opposition des peuples et des gouvernements, cette europe cherche absolument à faire valoir les intérêts de Monsanto. Après un feuilleton incroyable, la Commission Européenne avait trouvé le moyen d’interdire aux Etats d’interdire la culture d’un certain nombre de plantes OGM. Mais les Etats avaient bloqué la manœuvre en réunissant 75% des voix contre le projet de Bruxelles (il faut noter qu’en-deçà de deux tiers, le projet de la Commission passait !).

Mais cet échec n’a pas découragé Monsanto, qui tente une nouvelle manœuvre par le biais de la Cour Européenne de Justice. Son avocat général a tranché dans le sens de Monsanto, jugeant illégale l’interdiction faite par la France de la culture du maïs Monsanto. Il aurait fallu demander à la Commission, dont on connaît bien les penchants pour les produits transgéniques, ou même pour les farines animales, qu’elle essaie d’autoriser de nouveau.

Une Europe anti-démocratique et soumise aux intérêts particuliers

Il y a énormément d’aspects choquants dans ce mauvais feuilleton. Tout d’abord, cette Europe cherche à imposer la culture de produits que ni les peuples ni les gouvernements ne souhaitent. Après d’innombrables affrontements où la Commission a été mise en large minorité, il est vraiment révoltant que cette autorisation revienne par la fenêtre de la Cour Européenne de Justice. Il y a un manque de respect très préoccupant pour les avis exprimés démocratiquement par les Etats.

Mais ce n’est pas tout. Comme pour les farines animales, il est difficile de ne pas y voir des affaires de gros sous. Monsanto va bien, très bien. De 2003 à 2009, son chiffre d’affaire est passé de 5 à 12 milliards de dollars, et ses profits ont été multipliés par 20, à 2 milliards. Bref, Monsanto a beaucoup d’argent pour essayer de peser sur les décisions de cette europe, qui semble particulièrement ouverte à l’influence financière des lobbys et autres intérêts privés.

Pire, il est question de conflits d’intérêts entre les autorités européennes chargées des avis scientifiques sur les OGM. En clair, certains des décisionnaires européens travaillent directement pour les industriels, ce qui permet de questionner leur indépendance et leur perméabilité à l’avis de ces mêmes grands industriels, gouvernés par la seule logique du profit maximal et non de la sécurité maximale. D’ailleurs, c’était l’Europe qui avait imposé à la France la commercialisation du Red Bull…

Cette affaire de la commercialisation des semences transgéniques de Monsanto éclaire d’une lumière très inquiétante ce projet européen, antidémocratique et qui semble à la botte des intérêts des puissants au mépris de l’avis des peuples et des gouvernements.

Par Laurent Pinsolle, porte-parole de DLR

http://www.debout-la-republique.fr/OGM-l-Union-Europeenne-au-service.html

La grande purge libérale se prépare au PS

06/04/2011 08:29 par rgrs

  • La grande purge libérale se prépare au PS

    La grande purge libérale se prépare au PS

    06/04/2011 08:29 par rgrs

Le score du FN aux cantonales vient de réveiller les membres du PS qui se voient déjà en haut de l'affiche comme le disait la célèbre chanson d'Aznavour. Les socialistes se préparent déjà à la gestion du pouvoir en lieu et place de leurs clones de l'UMP. Mais l'enthousiasme est tel qu'ils en arrivent même à dire ouvertement qu'ils préparent une grande purge néolibérale, même s'ils ne le disent pas ainsi. En effet, les socialistes français, comme tous leurs collègues un peu partout en Europe ne veulent pas détricoter le système social, mais seulement rembourser l'infâme dette qui décidément menace beaucoup trop nos futurs descendants de l'an 2040 ou 2050. Si l'effacement de la dette nécessite quelques réductions du système social, ce ne serait que pour quelques décennies . Les réformes sont toujours plus douces quand la gôôôôche est au pouvoir, elle promet monts et merveilles pour dans quelques années, mais ces promesses ont la fâcheuse tendance à ne jamais arriver. Alors bien évidement ce n'est pas sur ce blog que l'on dira qu'il ne faut pas effacer la dette, par contre la méthode imaginée par les socialistes, vous vous en doutez bien malheureusement, est complément cadenassé dans le cadre du libéralisme comptable srote d'idéologie de petit commerçant faisant ses comptes à la fin de la journée à coup de soustractions et d'additions. Un cadre qui nous tient lieu de politique économique depuis trente ans. Un cadre qui nous a  menés où nous en sommes, mais que les socialistes français n'ont toujours pas renié et ils sont toujours euro-libéralo-enthousiastes.

  L'escroquerie de la dette qui légitime les politiques du pire

    On a déjà vu il y a quelque temps que la dette publique avait été amorcée par le choix de l'abandon de l'émission monétaire public en 1973. La dette a gonflé d'année en année sous l'effet de l'emprunt constant avec taux d'intérêt sur les marchés financiers. Ces derniers ont servi de justificatif à la contraction de l'état providence au nom de la gestion en "bon père de famille" discours nauséabond et fallacieux puisque la comparaison est absurde, un état n'est pas une famille. De plus c'est depuis que ce système est en place que l'état devient chaque année moins solvable on trouve mieux comme bonne gestion.  Si l'état avait emprunté à la banque de France plutôt qu'aux marchés financiers, il n'y aurait aujourd'hui pratiquement pas de dette publique. Et il est probablement que le budget de l'état serait à l'équilibre aujourd'hui,  le service de la dette étant dorénavant le premier budget de France. Mais cet emprunt obligatoire sur les marchés n'est pas tombé comme çà du ciel, il ne provient pas non plus de l'opération du Saint-Esprit, ce sont des hommes politiques qui l'ont instauré dans un but précis, imposer le libéralisme anglo-saxon à la France. L'idéologie libérale voulait contraindre les états par l'emprunt sur les marchés financiers, à limiter leurs investissements et ainsi théoriquement limiter l'inflation et donc favoriser la rente et le capital, les deux seules causes que défendent vraiment les libéraux. Libéraux dont ont sait d'expérience qu'ils ne libèrent personne comme le disait De Gaulle, si ce n'est les riches de leurs contraintes fiscales.  Mais cette politique n'a pas limité l'inflation, au contraire même, les premières années  d'application de ces mesures ont en fait accéléré l'inflation avant de casser à long terme toute dynamique de croissance. Nous vivons toujours dans un régime de faible croissance à cause de ce choix idéologique qui empêche les politiques de plein emploi. Mais hier le carcan était franco-français, car il s'agissait d'une loi française, aujourd'hui celle-ci a été étendue à toute l'Europe de Maastricht puis à celle du TCE.

    Lorsque l'on a conscience du caractère absurde de la dette actuelle, surtout avec l'augmentation provenant du rachat des créances pourries des banques privées par l'état français entre 2008 et 2010, la seule réaction saine est de refuser de payer, en tout cas de payer avec de l'argent public provenant des impôts de la population. Un parti politique se réclamant du socialisme qui met comme principal but lors de son accession au pouvoir de réduire la dette par des politiques de réduction des dépenses, alors que les services publics sont déjà en phase terminale est un parti de criminels et d'escrocs, rien de plus. C'est pourtant ce qu'annonce d'ores et déjà le PS dans cette dépêche. Emmanuel Todd ne croyait pas si bien dire quand il a dit que le FN était le seul parti avec un programme économique raisonnable. En proposant de réduire le déficit public aux niveaux indiqués sans monétisation et sans dévaluation et même sans une politique protectionniste visant à faire revenir un peu de capitaux et d'investissement en France, le PS ne pourra que provoquer une nouvelle récession.  A l'image de ce qui se passe aujourd'hui en Grèce ou en Irlande deux pays ayant pratiqué récemment des purges néolibérales avec le succès qu'on sait . Avec ses propositions le PS montre qu'il est le bras armé du FMI et du libéralisme économique, il n'a strictement rien compris à la crise ni à son origine. Ce n'est donc pas au FN qu'il faut faire barrage, mais bien au PS.

    André-Jacques Holbecq a fait poser une question très précise sur le sujet de la dette publique la réponse de Hollande est assez démonstrative pour ceux qui croient encore à un espoir sur les politiques économiques alternatives au PS: C'est simple Hollande a complètement intériorisé la doxa libérale, ou plus précisement la doctrine monétariste, il ne se pose même pas  la question de savoir pourquoi le système fonctionne ainsi, ni si cela est très approprié. Pour lui les choses sont comme elles sont, point. On ne sort pas du cercle de la raison. A n'en pas douter c'était un excellent élève qui a bien appris ses leçons et qui ne les remettra jamais en cause. Contrairement à ce que disait Todd ce n'est pas forcement une bonne chose d'être dirigé par les premiers de la classe, ces derniers manquent souvent d'initiative personnelle et de gout pour les questionnements de fond.  

Pour résumer la pensée de Hollande et ses solutions sur l'emprunt public:

  Si on ne peut pas emprunter, nous, à des taux bas sur les marchés financiers, alors il faut que l'Europe emprunte  en son nom pour ainsi réduire les taux d'intérêts des emprunts contractés par chaque état membre... 

  C'est atterrant comme le dirait mon collègue RST, je fais ici référence à l'un de ses derniers papiers. Avec Hollande nous partons pour l'enferment européïste et libéral pour l'éternité, enfin jusqu'à ce que nous soyons tous morts plus exactement ce qui ne tardera pas avec de tels dirigeants.

  PS:  Au fait si vous n'avez pas encore compris en quoi Hollande est soit un imbécile, soit un malhonnête, c'est que vous n'avez pas beaucoup suivi ce blog depuis 2009. Rien ne nous oblige à emprunter sur les marchés financiers, les seules emprunts obligatoires résultent du déficit extérieur du commerce. Or la France n'est en déficit commercial que depuis 2003 environ, c'est à dire depuis que l'euro que défend Hollande s'est mis au dessus du niveau tolérable pour l'économie française. Aussi longtemps qu'un pays à des réserves de change et une balance commercial à peu près à l'équilibre suivant les années, il n'a pas à emprunter à l'extérieur. L'emprunt sur les marchés financiers, souvent étrangers, pour payer des investissements publics en France est tout simplement une absurdité ou une escroquerie suivant l'individu qui défend cette position.

http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-grande-purge-liberale-se-prepare-au-ps-71071348.html

Laïcité toilettée et outrances laïcardes : le grand écart de l'UMP

06/04/2011 08:15 par rgrs

  • Laïcité toilettée et outrances laïcardes : le grand écart de l'UMP

    Laïcité toilettée et outrances laïcardes : le grand écart de l'UMP

    06/04/2011 08:15 par rgrs

Quant à l’idée du financement public des lieux de culte, elle ne doit pas déplaire non plus à ceux qui, à l’autre bout de la majorité présidentielle, ont été désignés pour séduire non plus les différents pasteurs et leurs ouailles, mais les électeurs de plus en plus nombreux d’un Front national désormais champion de France du combat laïc. Sans doute Claude Guéant ne renierait-il pas le financement public de quelques mosquées, que l’on présente de plus en plus fréquemment comme un antidote aux financements venus de l’étranger d’une part, et comme un moyen de contrôle des musulmans d’autre part. Comme s’il était acceptable que l’Etat achète un droit de regard sur l’exercice de cultes dont la loi de 1905 vise justement à garantir la parfaite liberté !

 

 

Mais Guéant s’est surtout illustré ces derniers temps en tant que porte-voix « laïcard » du parti présidentiel, via cette stupéfiante déclaration : « les agents des services publics ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du services publics ne le doivent pas non plus ». Devra-t-on désormais, ôter sa médaille de baptême dès lors qu’il s’agira d’aller acheter un timbre à la Poste  ? Ou cette saillie, comme c’est le plus probable, ne s’adresse-t-elle qu’aux seuls musulmans, et notamment aux porteuses de voile ?

 

 

Si tel est le cas, il convient de rappeler d’urgence au Ministre que le régime de laïcité n’a jamais eu pour objet d’interdire aux croyants l’expression de leur foi dans « l’espace public ». Contrairement à une idée trop communément admise, l’idéal laïc ne repose pas sur séparation public / privé. Catherine Kintzler l’a bien compris, qui distingue quant à elle deux types d’espaces : d’une part, « l’espace de constitution des droits et libertés, c'est-à-dire le domaine de l’autorité publique », où la neutralité est de rigueur, et d’autre part « celui de l’exercice de ces libertés », autrement dit « l’espace civil », régi quant à lui par le principe de tolérance. Dans la rue, dans les commerces, mais également au bureau de Poste ou dans le métro dont on est usager, il est permis d’exprimer son appartenance et ses croyances dès lors qu’on ne trouble pas l’ordre public. Cette façon toute nouvelle de vouloir purger « l’espace public » de tout signe d’appartenance religieuse ne dénote en rien d’un attachement à la laïcité, mais au contraire d’une dérive « laïcarde », essentiellement dirigée contre l’Islam, et dont l’objectif à peine voilé est de courtiser les électeurs de Marine Le Pen. Pour imaginer où cela peut conduire, il suffit de se pencher sur la perte progressive du sens commun observable chez cette « extrême droite saucisson-pinard » constituée de Riposte laïque et du Bloc identitaire, qui entend désormais « interdire la religion musulmane » et favoriser le retour progressif des musulmans en terre d’Islam.

 

 

Laïcité « toilettée » d’une part, visant à saper progressivement les principes posés par la loi de séparation des églises et de l’Etat, dérive « laïcarde » d’autre part, prétendant bannir toute expression publique de l’appartenance religieuse, tels sont les récifs entre lesquels navigue (à vue) le parti majoritaire, dans une confusion spectaculaire. Entre les deux, une seule et unique constante : l’exaltation de plus en plus fréquente des « racines chrétiennes » de la France.

 

 

François Baroin, rapporteur peu enthousiaste du débat UMPiste sur la laïcité, affirmait hier matin espérer clore au plus vite ce chapitre pour investir à nouveau les problématiques « sociales ». Voici une espérance aux allures fort raisonnables.

Coralie Delaume

http://l-arene-nue.blogspot.com/2011/04/laicite-toilettee-et-outrances.html

 

 

L’éternel débat fiscal

06/04/2011 07:56 par rgrs

  • L’éternel débat fiscal

    L’éternel débat fiscal

    06/04/2011 07:56 par rgrs

Le débat sur le bouclier fiscal a repris récemment, à l'Assemblée nationale. Le président a touché les ardeurs des députés UMP, les renvoyant dans les cordes, argumentant qu'il était hors de question de remettre en cause, ce symbôle du quinquennat. Mais politiquement et symboliquement, cette position pourrait aussi devenir difficile à tenir.

En réalité, la solution est plutôt simple et elle permettrait même à la droite, de sortir par le haut stratégiquement, sans se renier. A l'image de la préconisation du sénateur, Philippe Marini, il suffirait ainsi de revoir l'ISF, puis le bouclier fiscal, qui n'aurait ainsi plus de raison d'être. Le second a d'ailleurs été inventé par Sarkozy, car il n'osait supprimer le premier. Mais Nicolas Sarkozy gardait en mémoire, le souvenir cuisant de la suppression de l'IGF par Chirac en 1986-87, avant la défaite à la présidentielle de 1988. L'”Impôt de Solidarité sur la fortune” (ISF) a succédé en 1989, à l'”Impôt sur les Grandes Fortunes” (IGF), créé en 1982, par le gouvernement Mauroy. Cet impôt fait depuis figure d'exception française. La création du “bouclier fiscal” avait un motif qui est l’ISF, mais aussi un autre, qui n'est guère souligné et dont personne ne parle, à savoir l'Europe. Depuis vingt ans, la Commission de Bruxelles a en effet, organisé la concurrence fiscale entre Etats, d'où la fiscalité très faible de l'Irlande, par exemple, entraînant la baisse des impôts dans tous les pays européens. Et l'ISF a contribué depuis 1989, au départ des nombreuses fortunes hexagonales, dans un phénomène d'expatriation fiscale vers les pays voisins (Suisse, Belgique, Luxembourg, Irlande…), qui selon un rapport du Sénat en 2006, connaissait une forte recrudescence depuis 2003.

L'ISF fait ainsi débat sous de nombreux plans, l'économiste Patrick Artus, certes souvent polémique, ayant avancé dans une étude récente, que cet impôt “couterait deux fois en TVA non perçue ce qu'il rapporte“. De plus, l'ISF est un impôt déclaratif, parfois contourné. Ce sont 130 milliards d'euros de capitaux qui ont quitté la France, entre 1997 et 2006. Cette expatriation fiscale entraînée aurait généré un manque à gagner estimé à près de 10 % des recettes fiscales annuelles de l'Etat français. C'est pour cette raison, que Jean-François Copé créa le bouclier fiscal. L'objectif était de marquer un coup d'arrêt, à la fuite de capitaux. La droite a d'ailleurs fait preuve de nombreuses maladresses, comme en 1995, quand Alain Juppé a déplafonné l'ISF, dont les socialistes avaient plafonné le montant maximal. Ce qui amena de nombreux entrepreneurs et grandes fortunes, à suivre la voie de l'exil, déjà empruntée. Un rapport du Conseil économique et social de 2006, précise que ce déplafonnement était responsable d'une perte fiscale et économique d'environ 70 milliards d'euros. Ajouté aux départs de nombreuses grandes fortunes, l'ISF en est devenu essentiellement un impôt immobilier. A côté de ces 70 milliards d'euros, le coût du bouclier fiscal est d'ailleurs ridicule, soit entre 500 à 600 millions d'euros par an. Ils sont peu nombreux, à en profiter (environ 834 contribuables concernés), et très riches. Et si l'on supprime ce bouclier fiscal, sans toucher à l'ISF, ceux là vont également prendre la voie de l'exil et s'expatrier en Belgique ou ailleurs. Mais si on ne le supprime pas, on souhaite bien du plaisir au gouvernement, pour justifier les hausses de la CSG des retraites ou de la dépendance, qui ne seraient pas payer par certains. Ainsi cette suppression de l'ISF est la clef, car il conviendrait de reposer notre système fiscal - d’ailleurs fort complexe - entièrement à plat.

Mais une telle suppression ne pourrait s'envisager, que dans une réforme fiscale globale, menée en début de législature, par une majorité disposant de la légitimité du suffrage populaire, après une campagne explicite. Après suppression du bouclier fiscal et de l'ISF, le gouvernement créerait ensuite une tranche supérieur de l'Impôt sur le Revenu, et s'il était vraiment audacieux, supprimerait (ou plafonnerait drastiquement), les niches fiscales récemment créées. Depuis la crise, les Etats européens ont relevé leurs taux d'imposition, pour financer leurs déficits souvent colossaux. La fiscalité française revient peu ou prou, dans la norme européenne, et Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de faire, ce que la gauche et la droite promettent depuis quinze ans, à savoir “le grand soir fiscal“. A un an des élections présidentielles, pour un président dit de la rupture, c'est d'ailleurs l'occasion ou jamais…

J.D.

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Christine Lagarde, la woman n'est plus trop wonder

06/04/2011 07:50 par rgrs

  • Christine Lagarde, la woman n'est plus trop wonder

    Christine Lagarde, la woman n'est plus trop wonder

    06/04/2011 07:50 par rgrs

C'était le ministre modèle, peut-être le dernier bon élève pur jus du sarkozysme. En une semaine et deux accrocs majeurs, l'affaire Tapie et le budget, le dernier crack de la sarkozie a perdu une bonne partie son aura.


Le cimetière du sarkozysme est déjà bien rempli de cadavres plus ou moins embaumés : il y a les gueules cassées de l'ouverture, Bernard Kouchner, Christian Blanc; les bons élèves tombés au champ d'honneur (ou plutôt à l'hippodrome) comme Eric Woerth, les éclopés de la diplomatie comme Michelle Alliot-Marie, les recalés de Matignon comme Jean-Louis Borloo, les techniciens déchus comme Xavier Darcos ou Christine Albanel. Tous ceux-là et quelques autres tentent de se refaire une santé politique et nous devons bien admettre que leur convalescence risque d'être fort longue.
Christine Lagarde figurait jusqu'à cette semaine, parmi les miraculés du sarkozysme. Un profil boosté à l'anglosaxonne ce qui impressionne les journalistes, un côté pro qui donne l'impression de toujours savoir de quoi elle parle. En disant du bien de sa ministre qui l'avait aidé à affronter-la-crise-ce-qu'il-a-su-faire-de-mieux-qu'on-se-le-dire, le Président avait l'impression d'envoyer des fleurs qui lui retombaient sur le visage. C'est bien simple, Christine Lagarde, tout le monde l'aimait, et pas seulement parce qu'elle parle bien l'anglais. Même les jeunes de l'UMP (voir deux minutes après le début de la vidéo) :
On notera d'ailleurs que le clip des jeunes UMP aligne allègrement une liste très fournie d'anciens ministres en disgrâce, de Xavier Darcos à Rama Yade en passant par Rachida Dati. Normal, c'est comme sous Staline : le parti se renforce en s'épurant.
En tout cas, en une semaine, le beau profil de Christine Lagarde a été bien écorné, même si les médias semblent encore l'épargner. Il y a d'abord eu le rebondissement de l'affaire Tapie révélé par Marianne2. Apparemment, l'autorisation de l'accord à l'amiable signé entre l'Etat et Bernard Tapie pourrait bien avoir été permis par un faux en écriture établi par un fonctionnaire sous la responsabilité de la ministre. Christine Lagarde est accusée d'« abus d'autorité ». Une faute aussi grave que la tête de ses conseillers chargés de commenter l'affaire devant les journalistes depuis la saisine de la Cour de Justice, via le procureur de la Cour de Cassation, par les députés socialistes. 

Certes, le ministre de l'Economie a aussitôt riposté en faisant savoir qu'elle envisageait de porter plainte contre les députés socialistes. Réaction du député Jérome Cahuzac : « Quand Madame Lagarde dit qu'elle veut poursuivre les députés, c'est étrange, car comme ils ne font que reprendre les accusations, on ne peut que se demander si Madame Lagarde a l'intention de poursuivre aussi la Cour des Comtpes, ce qui serait piquant. »

Christine Lagarde escomptait-elle se refaire une cerise en mettant en exergue la bonne performance de la France en matière budgétaire ? Las! Une lecture attentive des documents fait apparaître, comme l'a démontré dans ces colonnes Hervé Nathan, que le Grand Argentier a joué sur la trésorerie à hauteur de 1,1%, agissant comme un simple patron de PME qui  jouerait sur les encours de fin d'année pour abuser son banquier ou ses actionnaires.

Dans son malheur, Christine Lagarde a pourtant de la chance : alors que les faits dont elle est soupçonnée relève de la forfaiture pure et simple, elle semble bénéficier d'une certaine indulgence dans les médias. Mais rappelons-nous : Eric Woerth aussi semblait aussi passer au travers des gouttes au début de l'affaire Bettencourt. 
Philippe Cohen - Marianne