Bilan des élections cantonales pour les écologistes (hors EELV)
07/04/2011 07:41 par rgrs
Les résultats détaillés (tris et calculs personnels):
| nuance | candidats | voix | % (1) | % (2) |
| Cap21 (3) | 26 | 16.660 | 0,18 | 10,47 |
| GE (4) | 10 | 2.171 | 0,02 | 3,20 |
| AEI | 16 | 3.339 | 0,04 | 3,74 |
| MEI (5) | 2 | 1.610 | 0,02 | 16,77 |
| LT-NEHNA | 14 | 3.460 | 0,04 | 3,20 |
| MHAN | 4 | 489 | 0,01 | 1,46 |
| RE | 1 | 62 | 0,00 | 1,08 |
| PPLD | 10 | 468 | 0,01 | 1,10 |
| BE (6) | 1 | 1.085 | 0,01 | 16,31 |
| AE | 2 | 220 | 0,00 | 5,18 |
| LV | 3 | 415 | 0,00 | 3,24 |
| divers | 23 | 10.593 | 0,12 | 9,97 |
| Total | 112 | 40.572 | 0,44 |
Les élus:
| nuance | département | canton | élu | sortant |
| Cap21 (1) | Haut-Rhin | Huningue | Max Delmond | non |
| divers (2) | Alpes-Maritimes | Grasse-Sud | Jean-Raymond Vinciguerra | oui |
Les ni-ni façon Copé
Interview de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP
Causeur : Le débat sur la laïcité a été très critiqué à gauche mais aussi à droite. Pensez-vous que maintenant, le climat va s’apaiser ?
Jean-François Copé : L’excellente tenue du débat va calmer ceux qui critiquaient notre démarche. Mais les réactions qu’il a suscitées sont révélatrices des postures des uns et des autres. La gauche et le Front National vont devoir prendre leurs responsabilités : nous, nous nous attaquons aux problèmes. L’extrême droite, elle, prétend que tout est dans la loi et qu’il est inutile de faire de nouvelles propositions.
La gauche, de son côté, ne va pas pouvoir continuer à nier que la laïcité est un sujet politique qui intéresse au plus haut point nos concitoyens et refuser en permanence la discussion. Le PS va devoir trancher entre les laïcs façon Glavany et ceux qui cèdent aux pressions communautaristes comme Martine Aubry. Il faut tout de même rappeler que, dans sa ville, elle avait accepté d’instaurer des créneaux séparés dans les piscines pour tenir compte des religieux qui refusent la mixité.
Causeur : Que le sujet intéresse les Français, soit. Fallait-il organiser à la va-vite une telle réunion sur des questions sensibles qui heurtent nombre de citoyens ?
JFC : Ce débat est le fruit d’un gros travail. Il nous permet surtout d’apporter des réponses concrètes aux problèmes concrets posés aujourd’hui par l’application d’une loi fondatrice, mais qui date de 1905. En juin, nous déposerons une proposition de résolution à l’Assemblée nationale. C’est le meilleur antidote aux hurlements du FN et au déni de la gauche.
Causeur : Vous allez donc toucher à la loi de 1905 ?
JFC : Non, il n’y a pas lieu de modifier la loi, ni de la remettre en cause. Nous allons simplement procéder à des ajustements pour qu’elle prenne en compte les comportements nouveaux qui posent des problèmes nouveaux dans les services publics, les écoles, les crèches, les entreprises ou les hôpitaux. Cette résolution parlementaire formera, à partir de nos 26 propositions, le point de départ d’un Code de la laïcité qui permettra de définir, clairement et pour tous, les bonnes pratiques.
Causeur : Pensez-vous qu’en aidant le financement des mosquées, on mettra fin aux prières de rue ?
JFC : Ce n’est pas lié mais il nous paraît important de trouver de nouveaux moyens de sécuriser et de faciliter le financement des lieux de culte. L’idée est simple, les représentants du CFCM (Conseil français du culte musulman) nous ont expliqué qu’ils n’avaient pas de difficultés pour recueillir le denier du culte auprès des fidèles, mais qu’ils ont besoin d’aide pour acheter les terrains et assurer les montages financiers de la construction de lieux de culte. À travers la souscription de baux emphytéotiques et l’ouverture de garanties d’emprunts par les collectivités locales, les projets devraient être plus simples à monter. De plus, en créant des associations, nous allons pouvoir assurer une meilleure traçabilité des fonds qui seront récoltés auprès des fidèles. Quant à la prière de rue en tant que telle, c’est un problème d’ordre public qui doit être résolu par le ministère de l’Intérieur. Cela dit, vous savez très bien que ce problème concerne trois rues et qu’on peut alimenter tous les fantasmes en en faisant un enjeu global.
Causeur : Ce n’est pas simplement un problème d’ordre public. L’islam de France que vous proposez, une partie des musulmans n’en veut pas comme à Epinay sur Seine ou à Drancy. Que fait-on dans ce cas-là ?
JFC : La laïcité, ça marche dans les deux sens. Ce n’est pas aux religieux d’organiser la vie de la Cité, mais ce n’est pas non plus aux politiques d’organiser les religions. Dans cette logique, l’organisation de l’islam de France dépend d’abord des musulmans eux-mêmes. C’est à eux de faire le travail pour s’assurer que l’exercice de leur culte respecte les règles de la République, par exemple l’égalité entre les hommes et les femmes ou la liberté de conscience, notamment le droit de ne pas pratiquer, de ne pas avoir de religion ou de changer de religion. Dans leur immense majorité, les Français de confession musulmane ont fait cet exercice : ils savent bien qu’on ne pratique pas de la même façon sa religion en Asie, au Maghreb, en Afrique noire ou en Europe. Des courants fondamentalistes s’opposent à ce mouvement en mélangeant ce qui relève de la religion, de la société et du pouvoir politique. Ma responsabilité n’est pas de les contester sur le terrain religieux ou théologique, il est de faire respecter la loi de la République avec justice et sérénité, et de la clarifier quand cela est nécessaire. Nous l’avons fait concernant le port du voile intégral. Et nous allons le faire à la suite de ce débat qui nous a permis de formuler 26 propositions concrètes.
Causeur : Vous pensez donc qu’il y a plus de motifs de se réjouir que de s’inquiéter ?
JFC : À l’encontre des visions catastrophistes, je suis assez serein sur l’évolution des choses. Il est normal que ce travail prenne un peu de temps pour l’islam de France comme il a pris du temps pour d’autres religions dans l’histoire de notre pays. La seule condition pour que cela marche, c’est que le politique ne tremble pas face aux extrémistes et qu’il reste ferme sur le respect des valeurs de la République, même quand il y a des tensions ou des provocations. Voilà pourquoi je regrette tant les ambiguïtés ou les lâchetés de certains responsables politiques.
Causeur : Toutes ces mesures vont-elles apaiser les dignitaires religieux qui se sont élevés il y a peu de temps dans une tribune commune contre ce débat ?
JFC : Les communautés ne craignent pas la discussion, elles craignent la stigmatisation. Et notamment celle des fidèles musulmans, puisque tout le poids pèse sur eux. Il faut éviter les caricatures, c’est dans cet esprit que j’ai écrit, à la demande d’un hebdomadaire, ma « lettre à un ami musulman », pour expliquer notre démarche et éviter qu’elle soit déformée. Un certain nombre de personnalités politiques sont tombées dans ce piège de la stigmatisation et ont tout fait pour nous interdire de discuter. Mais à droite, les choses se calment. Car nous sommes tous d’accord pour lutter contre tous ceux qui, de part et d’autre, veulent à tout prix instrumentaliser la religion et la laïcité à des à des fins politiques. C’est tout le contraire du sens de notre action. Nous venons de le montrer.
Muriel Gremillet et Cyril Bennasar
Nicolas Sarkozy voulait séduire ce qu'il pensait être la « communauté musulmane ». Le débat de l’UMP sur la place de l’Islam a au contraire entraîné une rupture. Sa démarche clientéliste et communautariste n'a pas fonctionné malgré de nouvelles tentatives.
Philippe Cohen - Marianne
http://www.marianne2.fr/Un-Coran-brule-en-Floride-15-civils-tues-en-Afghanistan_a204739.html
OGM : l’Union Européenne au service de Monsanto
L’affaire de la commercialisation du maïs Monsanto vient de connaître un nouveau rebondissement : après l’échec de la tentative de la Commission Européenne pour interdire son interdiction, la multinationale reprend son combat avec l’aide de la Cour de Justice Européenne.
L’UE contre les Etats et les peuples
Il y a un très large consensus dans les pays européens et au sein des gouvernements pour ne pas autoriser la culture des OGM. Si on peut comprendre les regrets des scientifiques, le principe de précaution est tout de même recevable. Il y a suffisamment de littérature soulignant les dangers à long terme de certaines innovations scientifiques pour n’autoriser que très progressivement l’utilisation de ces nouvelles technologies, après des tests sérieux.
Mais malgré l’opposition des peuples et des gouvernements, cette europe cherche absolument à faire valoir les intérêts de Monsanto. Après un feuilleton incroyable, la Commission Européenne avait trouvé le moyen d’interdire aux Etats d’interdire la culture d’un certain nombre de plantes OGM. Mais les Etats avaient bloqué la manœuvre en réunissant 75% des voix contre le projet de Bruxelles (il faut noter qu’en-deçà de deux tiers, le projet de la Commission passait !).
Mais cet échec n’a pas découragé Monsanto, qui tente une nouvelle manœuvre par le biais de la Cour Européenne de Justice. Son avocat général a tranché dans le sens de Monsanto, jugeant illégale l’interdiction faite par la France de la culture du maïs Monsanto. Il aurait fallu demander à la Commission, dont on connaît bien les penchants pour les produits transgéniques, ou même pour les farines animales, qu’elle essaie d’autoriser de nouveau.
Une Europe anti-démocratique et soumise aux intérêts particuliers
Il y a énormément d’aspects choquants dans ce mauvais feuilleton. Tout d’abord, cette Europe cherche à imposer la culture de produits que ni les peuples ni les gouvernements ne souhaitent. Après d’innombrables affrontements où la Commission a été mise en large minorité, il est vraiment révoltant que cette autorisation revienne par la fenêtre de la Cour Européenne de Justice. Il y a un manque de respect très préoccupant pour les avis exprimés démocratiquement par les Etats.
Mais ce n’est pas tout. Comme pour les farines animales, il est difficile de ne pas y voir des affaires de gros sous. Monsanto va bien, très bien. De 2003 à 2009, son chiffre d’affaire est passé de 5 à 12 milliards de dollars, et ses profits ont été multipliés par 20, à 2 milliards. Bref, Monsanto a beaucoup d’argent pour essayer de peser sur les décisions de cette europe, qui semble particulièrement ouverte à l’influence financière des lobbys et autres intérêts privés.
Pire, il est question de conflits d’intérêts entre les autorités européennes chargées des avis scientifiques sur les OGM. En clair, certains des décisionnaires européens travaillent directement pour les industriels, ce qui permet de questionner leur indépendance et leur perméabilité à l’avis de ces mêmes grands industriels, gouvernés par la seule logique du profit maximal et non de la sécurité maximale. D’ailleurs, c’était l’Europe qui avait imposé à la France la commercialisation du Red Bull…
Cette affaire de la commercialisation des semences transgéniques de Monsanto éclaire d’une lumière très inquiétante ce projet européen, antidémocratique et qui semble à la botte des intérêts des puissants au mépris de l’avis des peuples et des gouvernements.
Par Laurent Pinsolle, porte-parole de DLR
http://www.debout-la-republique.fr/OGM-l-Union-Europeenne-au-service.html
Le score du FN aux cantonales vient de réveiller les membres du PS qui se voient déjà en haut de l'affiche comme le disait la célèbre chanson d'Aznavour. Les socialistes se préparent déjà à la gestion du pouvoir en lieu et place de leurs clones de l'UMP. Mais l'enthousiasme est tel qu'ils en arrivent même à dire ouvertement qu'ils préparent une grande purge néolibérale, même s'ils ne le disent pas ainsi. En effet, les socialistes français, comme tous leurs collègues un peu partout en Europe ne veulent pas détricoter le système social, mais seulement rembourser l'infâme dette qui décidément menace beaucoup trop nos futurs descendants de l'an 2040 ou 2050. Si l'effacement de la dette nécessite quelques réductions du système social, ce ne serait que pour quelques décennies
. Les réformes sont toujours plus douces quand la gôôôôche est au pouvoir, elle promet monts et merveilles pour dans quelques années, mais ces promesses ont la fâcheuse tendance à ne jamais arriver. Alors bien évidement ce n'est pas sur ce blog que l'on dira qu'il ne faut pas effacer la dette, par contre la méthode imaginée par les socialistes, vous vous en doutez bien malheureusement, est complément cadenassé dans le cadre du libéralisme comptable srote d'idéologie de petit commerçant faisant ses comptes à la fin de la journée à coup de soustractions et d'additions. Un cadre qui nous tient lieu de politique économique depuis trente ans. Un cadre qui nous a menés où nous en sommes, mais que les socialistes français n'ont toujours pas renié et ils sont toujours euro-libéralo-enthousiastes.
L'escroquerie de la dette qui légitime les politiques du pire
On a déjà vu il y a quelque temps que la dette publique avait été amorcée par le choix de l'abandon de l'émission monétaire public en 1973. La dette a gonflé d'année en année sous l'effet de l'emprunt constant avec taux d'intérêt sur les marchés financiers. Ces derniers ont servi de justificatif à la contraction de l'état providence au nom de la gestion en "bon père de famille" discours nauséabond et fallacieux puisque la comparaison est absurde, un état n'est pas une famille. De plus c'est depuis que ce système est en place que l'état devient chaque année moins solvable on trouve mieux comme bonne gestion. Si l'état avait emprunté à la banque de France plutôt qu'aux marchés financiers, il n'y aurait aujourd'hui pratiquement pas de dette publique. Et il est probablement que le budget de l'état serait à l'équilibre aujourd'hui, le service de la dette étant dorénavant le premier budget de France. Mais cet emprunt obligatoire sur les marchés n'est pas tombé comme çà du ciel, il ne provient pas non plus de l'opération du Saint-Esprit, ce sont des hommes politiques qui l'ont instauré dans un but précis, imposer le libéralisme anglo-saxon à la France. L'idéologie libérale voulait contraindre les états par l'emprunt sur les marchés financiers, à limiter leurs investissements et ainsi théoriquement limiter l'inflation et donc favoriser la rente et le capital, les deux seules causes que défendent vraiment les libéraux. Libéraux dont ont sait d'expérience qu'ils ne libèrent personne comme le disait De Gaulle, si ce n'est les riches de leurs contraintes fiscales. Mais cette politique n'a pas limité l'inflation, au contraire même, les premières années d'application de ces mesures ont en fait accéléré l'inflation avant de casser à long terme toute dynamique de croissance. Nous vivons toujours dans un régime de faible croissance à cause de ce choix idéologique qui empêche les politiques de plein emploi. Mais hier le carcan était franco-français, car il s'agissait d'une loi française, aujourd'hui celle-ci a été étendue à toute l'Europe de Maastricht puis à celle du TCE.
Lorsque l'on a conscience du caractère absurde de la dette actuelle, surtout avec l'augmentation provenant du rachat des créances pourries des banques privées par l'état français entre 2008 et 2010, la seule réaction saine est de refuser de payer, en tout cas de payer avec de l'argent public provenant des impôts de la population. Un parti politique se réclamant du socialisme qui met comme principal but lors de son accession au pouvoir de réduire la dette par des politiques de réduction des dépenses, alors que les services publics sont déjà en phase terminale est un parti de criminels et d'escrocs, rien de plus. C'est pourtant ce qu'annonce d'ores et déjà le PS dans cette dépêche. Emmanuel Todd ne croyait pas si bien dire quand il a dit que le FN était le seul parti avec un programme économique raisonnable. En proposant de réduire le déficit public aux niveaux indiqués sans monétisation et sans dévaluation et même sans une politique protectionniste visant à faire revenir un peu de capitaux et d'investissement en France, le PS ne pourra que provoquer une nouvelle récession. A l'image de ce qui se passe aujourd'hui en Grèce ou en Irlande deux pays ayant pratiqué récemment des purges néolibérales avec le succès qu'on sait . Avec ses propositions le PS montre qu'il est le bras armé du FMI et du libéralisme économique, il n'a strictement rien compris à la crise ni à son origine. Ce n'est donc pas au FN qu'il faut faire barrage, mais bien au PS.
André-Jacques Holbecq a fait poser une question très précise sur le sujet de la dette publique la réponse de Hollande est assez démonstrative pour ceux qui croient encore à un espoir sur les politiques économiques alternatives au PS: C'est simple Hollande a complètement intériorisé la doxa libérale, ou plus précisement la doctrine monétariste, il ne se pose même pas la question de savoir pourquoi le système fonctionne ainsi, ni si cela est très approprié. Pour lui les choses sont comme elles sont, point. On ne sort pas du cercle de la raison. A n'en pas douter c'était un excellent élève qui a bien appris ses leçons et qui ne les remettra jamais en cause. Contrairement à ce que disait Todd ce n'est pas forcement une bonne chose d'être dirigé par les premiers de la classe, ces derniers manquent souvent d'initiative personnelle et de gout pour les questionnements de fond.
Pour résumer la pensée de Hollande et ses solutions sur l'emprunt public:
Si on ne peut pas emprunter, nous, à des taux bas sur les marchés financiers, alors il faut que l'Europe emprunte en son nom pour ainsi réduire les taux d'intérêts des emprunts contractés par chaque état membre...
C'est atterrant comme le dirait mon collègue RST, je fais ici référence à l'un de ses derniers papiers. Avec Hollande nous partons pour l'enferment européïste et libéral pour l'éternité, enfin jusqu'à ce que nous soyons tous morts plus exactement ce qui ne tardera pas avec de tels dirigeants.
PS: Au fait si vous n'avez pas encore compris en quoi Hollande est soit un imbécile, soit un malhonnête, c'est que vous n'avez pas beaucoup suivi ce blog depuis 2009. Rien ne nous oblige à emprunter sur les marchés financiers, les seules emprunts obligatoires résultent du déficit extérieur du commerce. Or la France n'est en déficit commercial que depuis 2003 environ, c'est à dire depuis que l'euro que défend Hollande s'est mis au dessus du niveau tolérable pour l'économie française. Aussi longtemps qu'un pays à des réserves de change et une balance commercial à peu près à l'équilibre suivant les années, il n'a pas à emprunter à l'extérieur. L'emprunt sur les marchés financiers, souvent étrangers, pour payer des investissements publics en France est tout simplement une absurdité ou une escroquerie suivant l'individu qui défend cette position.
http://lebondosage.over-blog.fr/article-la-grande-purge-liberale-se-prepare-au-ps-71071348.html
Quant à l’idée du financement public des lieux de culte, elle ne doit pas déplaire non plus à ceux qui, à l’autre bout de la majorité présidentielle, ont été désignés pour séduire non plus les différents pasteurs et leurs ouailles, mais les électeurs de plus en plus nombreux d’un Front national désormais champion de France du combat laïc. Sans doute Claude Guéant ne renierait-il pas le financement public de quelques mosquées, que l’on présente de plus en plus fréquemment comme un antidote aux financements venus de l’étranger d’une part, et comme un moyen de contrôle des musulmans d’autre part. Comme s’il était acceptable que l’Etat achète un droit de regard sur l’exercice de cultes dont la loi de 1905 vise justement à garantir la parfaite liberté !
Mais Guéant s’est surtout illustré ces derniers temps en tant que porte-voix « laïcard » du parti présidentiel, via cette stupéfiante déclaration : « les agents des services publics ne doivent pas porter de signes religieux, manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du services publics ne le doivent pas non plus ». Devra-t-on désormais, ôter sa médaille de baptême dès lors qu’il s’agira d’aller acheter un timbre à
Si tel est le cas, il convient de rappeler d’urgence au Ministre que le régime de laïcité n’a jamais eu pour objet d’interdire aux croyants l’expression de leur foi dans « l’espace public ». Contrairement à une idée trop communément admise, l’idéal laïc ne repose pas sur séparation public / privé. Catherine Kintzler l’a bien compris, qui distingue quant à elle deux types d’espaces : d’une part, « l’espace de constitution des droits et libertés, c'est-à-dire le domaine de l’autorité publique », où la neutralité est de rigueur, et d’autre part « celui de l’exercice de ces libertés », autrement dit « l’espace civil », régi quant à lui par le principe de tolérance. Dans la rue, dans les commerces, mais également au bureau de Poste ou dans le métro dont on est usager, il est permis d’exprimer son appartenance et ses croyances dès lors qu’on ne trouble pas l’ordre public. Cette façon toute nouvelle de vouloir purger « l’espace public » de tout signe d’appartenance religieuse ne dénote en rien d’un attachement à la laïcité, mais au contraire d’une dérive « laïcarde », essentiellement dirigée contre l’Islam, et dont l’objectif à peine voilé est de courtiser les électeurs de Marine Le Pen. Pour imaginer où cela peut conduire, il suffit de se pencher sur la perte progressive du sens commun observable chez cette « extrême droite saucisson-pinard » constituée de Riposte laïque et du Bloc identitaire, qui entend désormais « interdire la religion musulmane » et favoriser le retour progressif des musulmans en terre d’Islam.
Laïcité « toilettée » d’une part, visant à saper progressivement les principes posés par la loi de séparation des églises et de l’Etat, dérive « laïcarde » d’autre part, prétendant bannir toute expression publique de l’appartenance religieuse, tels sont les récifs entre lesquels navigue (à vue) le parti majoritaire, dans une confusion spectaculaire. Entre les deux, une seule et unique constante : l’exaltation de plus en plus fréquente des « racines chrétiennes » de
François Baroin, rapporteur peu enthousiaste du débat UMPiste sur la laïcité, affirmait hier matin espérer clore au plus vite ce chapitre pour investir à nouveau les problématiques « sociales ». Voici une espérance aux allures fort raisonnables.
Coralie Delaume
http://l-arene-nue.blogspot.com/2011/04/laicite-toilettee-et-outrances.html
Le débat sur le bouclier fiscal a repris récemment, à l'Assemblée nationale. Le président a touché les ardeurs des députés UMP, les renvoyant dans les cordes, argumentant qu'il était hors de question de remettre en cause, ce symbôle du quinquennat. Mais politiquement et symboliquement, cette position pourrait aussi devenir difficile à tenir.
En réalité, la solution est plutôt simple et elle permettrait même à la droite, de sortir par le haut stratégiquement, sans se renier. A l'image de la préconisation du sénateur, Philippe Marini, il suffirait ainsi de revoir l'ISF, puis le bouclier fiscal, qui n'aurait ainsi plus de raison d'être. Le second a d'ailleurs été inventé par Sarkozy, car il n'osait supprimer le premier. Mais Nicolas Sarkozy gardait en mémoire, le souvenir cuisant de la suppression de l'IGF par Chirac en 1986-87, avant la défaite à la présidentielle de 1988. L'”Impôt de Solidarité sur la fortune” (ISF) a succédé en 1989, à l'”Impôt sur les Grandes Fortunes” (IGF), créé en 1982, par le gouvernement Mauroy. Cet impôt fait depuis figure d'exception française. La création du “bouclier fiscal” avait un motif qui est l’ISF, mais aussi un autre, qui n'est guère souligné et dont personne ne parle, à savoir l'Europe. Depuis vingt ans, la Commission de Bruxelles a en effet, organisé la concurrence fiscale entre Etats, d'où la fiscalité très faible de l'Irlande, par exemple, entraînant la baisse des impôts dans tous les pays européens. Et l'ISF a contribué depuis 1989, au départ des nombreuses fortunes hexagonales, dans un phénomène d'expatriation fiscale vers les pays voisins (Suisse, Belgique, Luxembourg, Irlande…), qui selon un rapport du Sénat en 2006, connaissait une forte recrudescence depuis 2003.
L'ISF fait ainsi débat sous de nombreux plans, l'économiste Patrick Artus, certes souvent polémique, ayant avancé dans une étude récente, que cet impôt “couterait deux fois en TVA non perçue ce qu'il rapporte“. De plus, l'ISF est un impôt déclaratif, parfois contourné. Ce sont 130 milliards d'euros de capitaux qui ont quitté la France, entre 1997 et 2006. Cette expatriation fiscale entraînée aurait généré un manque à gagner estimé à près de 10 % des recettes fiscales annuelles de l'Etat français. C'est pour cette raison, que Jean-François Copé créa le bouclier fiscal. L'objectif était de marquer un coup d'arrêt, à la fuite de capitaux. La droite a d'ailleurs fait preuve de nombreuses maladresses, comme en 1995, quand Alain Juppé a déplafonné l'ISF, dont les socialistes avaient plafonné le montant maximal. Ce qui amena de nombreux entrepreneurs et grandes fortunes, à suivre la voie de l'exil, déjà empruntée. Un rapport du Conseil économique et social de 2006, précise que ce déplafonnement était responsable d'une perte fiscale et économique d'environ 70 milliards d'euros. Ajouté aux départs de nombreuses grandes fortunes, l'ISF en est devenu essentiellement un impôt immobilier. A côté de ces 70 milliards d'euros, le coût du bouclier fiscal est d'ailleurs ridicule, soit entre 500 à 600 millions d'euros par an. Ils sont peu nombreux, à en profiter (environ 834 contribuables concernés), et très riches. Et si l'on supprime ce bouclier fiscal, sans toucher à l'ISF, ceux là vont également prendre la voie de l'exil et s'expatrier en Belgique ou ailleurs. Mais si on ne le supprime pas, on souhaite bien du plaisir au gouvernement, pour justifier les hausses de la CSG des retraites ou de la dépendance, qui ne seraient pas payer par certains. Ainsi cette suppression de l'ISF est la clef, car il conviendrait de reposer notre système fiscal - d’ailleurs fort complexe - entièrement à plat. Mais une telle suppression ne pourrait s'envisager, que dans une réforme fiscale globale, menée en début de législature, par une majorité disposant de la légitimité du suffrage populaire, après une campagne explicite. Après suppression du bouclier fiscal et de l'ISF, le gouvernement créerait ensuite une tranche supérieur de l'Impôt sur le Revenu, et s'il était vraiment audacieux, supprimerait (ou plafonnerait drastiquement), les niches fiscales récemment créées. Depuis la crise, les Etats européens ont relevé leurs taux d'imposition, pour financer leurs déficits souvent colossaux. La fiscalité française revient peu ou prou, dans la norme européenne, et Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de faire, ce que la gauche et la droite promettent depuis quinze ans, à savoir “le grand soir fiscal“. A un an des élections présidentielles, pour un président dit de la rupture, c'est d'ailleurs l'occasion ou jamais… J.D.